1) Création d’un poste de Vice-Premier ministre chargé de l’environnement :
La nomination d’un vice-premier ministre chargé de l’environnement paraît séduisante mais, à l’analyse, j’en préfère une autre. En effet, chacun sait que les arbitrages interministériels sont rendus au sein du cabinet du Premier ministre lui-même, ce qui constitue toujours un barrage invisible à l’action des « super-ministres » placés aux côtés du chef du gouvernement.
Aussi, je préfère que le Premier ministre lui-même assure les fonctions de ministre de l’Environnement, comme en son temps Raymond BARRE avait occupé celles de ministre de l’Economie lorsqu’il était à Matignon. Cette expérience de « double casquette » montre combien cette formule peut être efficace et prometteuse, dès lors que le Premier ministre en place s’engage vraiment sur le dossier spécifique qui s’ajoute à sa fonction principale. A contrario, s’il la néglige, les Français pourront en juger sans que quiconque ne se retranche derrière tel ou tel obstacle bureaucratique.
Enfin, il me paraît crucial de regrouper au sein du ministère de l’Environnement beaucoup de missions actuellement éparpillées entre plusieurs ministères : l’aménagement du Territoire, la politique industrielle et de recherche sur les technologies vertes, la fiscalité environnementale, les productions agricoles moins polluantes, etc.
Cela fait beaucoup de choses, ce qui justifie que le Premier ministre et ministre de l’Environnement, ait à ses côtés un ministre délégué de l’Environnement chargé de préparer et mettre en œuvre ce volet essentiel de son action.
Proposition extraite du projet pour la France de Nicolas DUPONT- AIGNAN
n°50 - Créer un ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire regroupant toutes les compétences actuellement éparpillées entre les ministères de la Ville, du Logement, des Transports, de l’Equipement et de l’Environnement, et s’appuyant sur la DATAR.
2) Instauration d’une taxe sur les émissions de carbone :
C’est une mesure qu’il faudra mettre en œuvre progressivement en tenant compte des capacités techniques et des équilibres économiques et sociaux de nos sociétés.
Taxer le trafic poids lourd de transit en France me semble ainsi une bonne idée (quoi que puisse en dire Bruxelles), mais alourdir les charges de transport qui pèsent sur les ménages en surtaxant le carburant et le fioul serait intenable compte tenu des fortes tensions qui existent sur le pouvoir d’achat des Français. Cela n’empêche pas pour autant de développer des pratiques nouvelles et prometteuses comme le covoiturage en zone urbaine, qui devrait être grandement facilité par internet. De même, il serait souhaitable de surtaxer le kérosène du fret aérien et, plus généralement, intégrer dans la formation des prix des produits le coût environnemental que leur transport génère, aussi bien à l’échelle mondiale qu’européenne.
Par ailleurs, avant de créer éventuellement cette nouvelle taxe et de l’augmenter progressivement, il est urgent de développer les techniques comme le moteur propre et les carburants verts de substitution.
Enfin, là encore, pour changer les comportements individuels, il est nécessaire de pratiquer une politique massive d’incitation fiscale.
Proposition extraite du projet pour la France de Nicolas DUPONT- AIGNAN
n°98 - Créer un éventail diversifié d’outils d’épargne affectés au financement des activités environnementales, notamment un « livret vert » destiné au grand public.
3) Agriculture de qualité :
L’encouragement à une agriculture plus qualitative est effectivement une nécessité. Cela passe par la requalification des exploitations et activités les plus polluantes (création récente d’un label porcin « raisonné » par exemple), l’incitation aux productions nouvelles (maraîchères, non-alimentaires,…) ou d’avenir (biocarburants, biomasse,…). Un nouveau départ doit également être donné à la sylviculture, sachant l’importance très grande que prendra ces prochaines années le retour du chauffage au bois plutôt qu’aux hydrocarbures.
Néanmoins, cette politique d’ensemble nécessite une remise à plat d’une PAC qui part aujourd’hui dans tous les sens, à cause des renoncements successifs des autorités françaises. Comment accepter que Bruxelles rémunère à l’aveugle l’irrigation alors même que les ressources en eau commencent à poser problème ? Comment accepter le principe du « découplage » qui déresponsabilise les agriculteurs et décourage la relève ? Comment accepter le marché unique avec des distorsions de concurrences intenables, par exemple avec des produits peu contrôlés et mobilisant une main d’œuvre illégale ? Comment développer le bio alors que nos partenaires européens n’ont pas les mêmes exigences en la matière mais veulent nous vendre malgré tout leurs productions sous ce label ? Comment accepter une PAC qui ne place pas au rang de sa première priorité l’autosuffisance alimentaire de l’Europe et la préférence communautaire ? Enfin, comment accepter la logique d’un libre échange intégral en matière agricole alors que cette dérive menace autant les pays pauvres que les agricultures des pays développés soucieuses de s’inscrire dans le développement durable ?
On le voit, c’est à une remise à plat générale de la PAC, pour corriger toutes ces incohérences et ces dérives qu’il faut préalablement procéder, avant de jeter les bases d’un développement agricole plus équilibré, plus juste et plus durable.
Proposition extraite du projet pour la France de Nicolas DUPONT- AIGNAN
n°59 - Refonder notre politique agricole en favorisant l’installation des jeunes agriculteurs,les productions nouvelles (productions de proximités, biocarburants,…), la mise en place d’un réseau coopératif de distribution des produits pour lutter contre les prix excessifs pratiqués dans la grande distribution, et l’émergence d’un nouveau modèle de coopérative de production agricole.
4) Mettre les exigences du développement durable au cœur du débat public :
C’est une nécessité évidente. Néanmoins, il ne faut pas se tromper d’instrument. Un film comme celui d’Al Gore a plus fait pour la prise de conscience dans l’opinion publique des dangers que court la planète, que bien des discours inaudibles pourtant distillés en permanence.
L’audiovisuel public a un rôle majeur à jouer en la matière, ce qui implique de le remettre durablement en selle dans un paysage audiovisuel français qui ne s’est toujours pas remis de l’irruption d’une unique chaîne généraliste hertzienne privée. La Grande- Bretagne et l’Allemagne consacrent deux fois plus de moyens à leurs chaines de télévision et de radio publiques que la France. Il est temps d’y mettre en terme en remettant à niveau leur financement contre un cahier des charges précis et contraignant en matière de politique audiovisuelle.
5 ) Education populaire aux grandes questions de l’environnement :
En tant qu’élu local, j’ai pleinement pris la mesure de cet enjeu et j’ai d’ores et déjà pris ma part à son relèvement : la commune d’Yerres dont je suis Maire, est par exemple l’une des rares villes de sa taille cosignataires du programme « un défi pour la terre » lancé par la Fondation Hulot.
J’estime par ailleurs qu’il faut intégrer l’éducation à l’environnement dans les cours d’instruction civique. Enfin, des organismes comme l’ADEME doivent, eux aussi, pouvoir développer leur rôle pédagogique.