mardi, mai 29, 2007

Europe : l'heure de vérité


Par Nicolas Dupont-Aignan, mardi 29 mai 2007 à 17:57 :: Réflexion

Nous sommes le 29 mai 2007. Il y a deux ans jour pour jour le peuple français, dans un sursaut de lucidité et de liberté, rejetait le piège mortel de la Constitution européenne.

Cet acte collectif d’indépendance a été immédiatement perçu comme un sacrilège par les élites européennes qui, comme les émigrés de l’ancien Régime, ne supportent pas la remise en cause de leur nouvelle tutelle.

Tout a été fait depuis pour culpabiliser et accabler les peuples français et hollandais. La crise de l’Europe aurait été la conséquence de ce vote alors qu’elle en est, bien sûr, à l’origine.

Les Français n’ont pas voté ce jour-là contre la belle idée européenne mais contre la trahison de l’idéal européen par ceux qui mènent la danse à Bruxelles, Frankfort et Luxembourg.

Les commentateurs se trompent aujourd’hui en croyant que les Français sont revenus sur leur vote en élisant Nicolas Sarkozy. Le nouveau Président a été élu (l’analyse géographique et sociologique du scrutin le prouve) pour une bonne partie par les électeurs du NON. Ses diatribes contre la Banque Centrale européenne et le libre échange déloyal, son refus de l’adhésion turque, ont été pour beaucoup dans son succès.

La question aujourd’hui est simple. S’agit-il d’un coup politique comme celui de la « fracture sociale » de 1995 ? Ou alors est-ce le début d’une véritable réorientation de la politique française ? L’avenir le dira. En tous cas, pour ma part, je ferai tout pour peser sur la politique européenne de la France et alerter l’opinion. Car, ne nous faisons pas d’illusion, aucun redressement ne sera possible en France s’il n’y a pas une refondation européenne. Pour la simple et bonne raison qu’il ne peut y avoir de résultats si on ne traite pas les causes du mal, qui se trouvent pour une bonne partie en dehors de nos frontières.

  • Pas de maîtrise de l’immigration sans contrôle des frontières ;* - pas de relance de l’emploi et de l’investissement sans réforme de la Banque Centrale européenne ;
  • pas de lutte contre les délocalisations sans préférence communautaire ;
  • pas de cohésion européenne avec l’adhésion turque ;
  • pas d’indépendance de la France avec le renforcement des votes à la majorité et la fin de l’égalité au conseil entre la France et l’Allemagne.

Après 1981 les Français se sont sentis trompés, car François Mitterrand a refusé de s’attaquer à la dérive européenne. Après 1995, les Français se sont sentis trahis par Jacques Chirac, car il a oublié la fracture sociale sitôt élu. Après 1997 les Français se sont sentis méprisés par Lionel Jospin, qui a dénoncé le Pacte de stabilité à la veille du second tour, avant de se dire dès le lendemain impuissant à le changer pour cause de cohabitation !

Nicolas Sarkozy n’a pas le droit à l’erreur !

C’est pourquoi il faut :

  • opposer le veto de la France dès le 26 juin à l’ouverture des trois nouveaux chapitres de négociation pour l’adhésion turque ;
  • revoir les statuts et les objectifs de la Banque Centrale européenne, pour que la croissance et l’emploi soit défendus à égalité avec la lutte contre l’inflation ;
  • rappeler à l’ordre les Commissaires européens au commerce extérieur et à l’Agriculture, qui évoquent ouvertement le démantèlement de la PAC comme monnaie d’échange à l’OMC ou variable d’ajustement des politiques structurelles de l’UE ;
  • veiller à ce que le mini traité ne reprenne pas la « substance » de la Constitution rejetée, notamment l’extension exagérée de la majorité qualifiée, la primauté du droit communautaire sur le droit constitutionnel national, ou encore une pondération démographique qui déséquilibrerait gravement la relation franco-allemande.

A nous de nous mobiliser pour que la France garde sa marge de manœuvre préalable indispensable à son redressement.

A nous de nous mobiliser pour bâtir une Europe réellement au service des peuples qui la composent.

vendredi, mai 25, 2007

La lettre de NDA

Chers Amis, Chers Compagnons,

En adhérant à DLR vous avez exprimé votre volonté de changer la vie politique française et de porter haut et fort l'idéal gaulliste et républicain, sans lequel la France n'est plus la France.

Les dernières semaines ont été délicates pour notre mouvement.

J'ai été empêché de me présenter à l'élection présidentielle et ce fut une déception personnelle et politique car j'avais le sentiment que beaucoup de nos concitoyens regardaient ma démarche avec sympathie. D'ailleurs, nous avons reçu au lendemain de ce 16 mars fatidique bon nombre de témoignages de soutien et d'encouragement.

Au premier tour, j'ai refusé de soutenir quiconque car aucun candidat ne portait notre idéal.

Au second tour, j'ai rendu public mon vote en faveur de Nicolas Sarkozy. Je sais que cette position en a heurté certains autant qu'elle en a réjoui d'autres. Mais il fallait bien choisir et, aussi bien en tant qu'élu, responsable de parti politique et que citoyen, il était pour moi impensable d'aller à la pêche alors qu'il était demandé aux Français de s'acquitter de leur devoir civique. Faute morale, une telle attitude aurait été une grave erreur politique car, sous la Vème République, refuser de se situer dans la majorité ou l'opposition c'est être nulle part. Même fort de ses 6,8 millions de voix du premier tour, François Bayrou risque d'en faire l'expérience au soir du 17 juin !

Dans ce contexte peu porteur, il a été particulièrement difficile de se remettre en selle pour participer à la bataille des législatives.

Heureusement, la plupart des responsables locaux de DLR se sont mobilisés pour que nous présentions un maximum de candidats de qualité, ce qui doit permettre à notre mouvement de devenir demain un parti politique à part entière.

Une soixantaine de candidats porteront nos couleurs ou seront administrativement rattachés à Debout la République.

Selon le score d'au moins cinquante d'entre eux, DLR pourrait ainsi avoir accès au financement et à la reconnaissance publics qui sont cruciaux pour son action et son avenir.

L'objectif est aussi de renforcer notre implantation locale, en vue des échéances électorales suivantes où j'entends bien que nous nous investissions (municipales, cantonales, européennes).

L'objectif, enfin, est de peser de toutes nos forces sur la question européenne qui revient au grand galop sur le devant de la scène.

Car n'en doutons pas : l'élection de Nicolas Sarkozy n'a pas tranché le question clef des rapports entre la France et l'Europe.

Nicolas Sarkozy a été élu en grande partie, les résultats électoraux le prouvent, par les couches populaires qui ont voté Non le 29 mai 2005.

En chevauchant, reconnaissons-le, nos thèmes et nos thèses sur la Banque Centrale Européenne et les dangers de l'Euro fort, l'indispensable rétablissement d'une juste préférence communautaire, la nécessité de maintenir des frontières pour maîtriser l'immigration et le refus de l'adhésion de la Turquie à l'Europe, la promotion d'une identité nationale décomplexée, Nicolas Sarkozy a rendu espoir à beaucoup de Français.

La question centrale aujourd'hui est de mettre en application ces orientations.

Le rôle de DLR, notre rôle à tous, est d'exprimer et de porter ces espoirs au sein de la majorité nouvelle, de rappeler qu'aucun redressement de la France ne sera possible sans changer en profondeur le logiciel de la construction européenne.

L'agenda européen coïncide parfaitement avec l'épreuve de vérité du début de mandat et avec le contexte propice des élections législatives :

  • Lors du sommet des 21 et 22 juin, la question de l'avenir institutionnel de l'Union Européenne sera posée sur la table. Je me battrai pour que le « mini traité » proposé par le président de la République ne soit pas une simple resucée de la Constitution européenne rejetée par le peuple français, dont on se serait contenté de supprimer les symboles ostentatoires en en conservant la « substance ».
  • Le 26 juin, la Commission de Bruxelles proposera l'ouverture de trois nouveaux chapitres de négociation pour l'adhésion de la Turquie. Je me battrai pour que Nicolas SARKOZY, conformément à l'hostilité permanente qu'il a affichée ces dernières années face à l'intégration turque, oppose le veto de la France.
  • Courant juin, la Banque Centrale Européenne annoncera en toute probabilité une hausse de ses taux d'intérêt pour lutter contre une inflation qui n'existe plus. Je me battrai pour que le nouveau président de la République accorde ses actes avec les dures paroles qu'il a prononcées contre l'ineptie de cette politique monétaire à contrecourant de notre politique de l'emploi.
  • Enfin, l'OMC va reprendre bon train la négociation du fameux « cycle de Doha », qui donnerait un coup de grâce sans aucune contrepartie à notre industrie agroalimentaire. Je me battrai alors pour que le chef de l'Etat rappelle à nos partenaires et à la Commission sa promesse faite aux Français de rétablir une vraie préférence communautaire, seule garantie réelle d'échanges commerciaux équitables entre l'Europe et les autres grandes régions économiques du monde.


Pour que DLR puisse peser d'un vrai poids dans ces batailles vitales pour l'avenir de la France, je vous demande de vous mobiliser :
  • En apportant votre aide et votre soutien à nos candidats d'ici au 10 juin.
  • En témoignant une fois de plus de votre générosité par vos dons à DLR, dont les moyens très éprouvés sont mis au service de notre campagne législative.

Je vous demande enfin de faire preuve d'indulgence vis-à-vis de l'équipe nationale de DLR, actuellement en sous-effectif, et totalement absorbée par l'aide de chaque instant qu'elle fournit à nos candidats.

La restructuration de notre mouvement, des nominations nouvelles à la tête des clubs et de nos instances départementales, seront annoncées en juillet.

Enfin, nous discuterons à tête reposée de l'année écoulée, de nos orientations, de notre positionnement national, de nos perspectives, lors de nos prochaines universités de rentrée qui auront lieu les 7, 8 et 9 septembre prochains, vraisemblablement en Ile-de-France. Naturellement, je vous invite à réserver d'ores et déjà ces dates sur votre agenda personnel.

Je compte sur votre confiance intacte et votre soutien actif !

Cordialement,

Nicolas DUPONT-AIGNAN

jeudi, mai 24, 2007

REFLEXION


Par Nicolas Dupont-Aignan, mardi 22 mai 2007 à 15:44 ::

Soyons francs, les lendemains de ma précampagne présidentielle ne furent pas faciles à gérer. D’un côté, un grand nombre de témoignages de soutien de tous ceux qui comptaient sur moi pour porter les valeurs gaullistes, de l’autre côté les portes qui soudain se ferment au prétexte que vous n’êtes plus dans la course.

Le mérite de ce genre de situation est de pouvoir vite trier les vrais amis des faux. Je tiens à cet égard à remercier sincèrement tous ceux qui loin de se décourager se sont retroussés les manches pour relever les défis immédiats.

Il a fallu tout d’abord surmonter le choix du 2nd tour. Je sais que certains m’ont reproché mon vote en faveur de Nicolas Sarkozy. Mais que voulaient-ils faire ? Voter Ségolène Royal ? Son projet était inepte. Ne pas se déterminer ? Je ne me voyais sincèrement pas aller à la pêche tout en demandant aux Français d’aller voter !

Je crois, au contraire avoir fait le bon choix car dans la vie, quels que soient les désaccords, il faut savoir choisir. Et entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, mon choix pour la France était simple. Ce choix ne m’interdit d’ailleurs en rien de faire part de mes sentiments en fonction de mes convictions. Ce choix me permet de conquérir définitivement mon autonomie.

C’est dans cet esprit que Debout la République présentera au 1er tour comme le MPF ou le CNI des candidats aux élections législatives. Je remercie les candidats gaullistes et républicains présents dans 59 circonscriptions pour leur courage. Leur tâche n’est pas facile mais elle est indispensable pour faire vivre notre idéal et faire connaître notre mouvement.

Debout la République est désormais autonome de l’UMP. Il lui fallait donc voler de ses propres ailes. Certes le début est modeste mais il était impératif d’être présent. Le scrutin uninominal à deux tours permet à des partis politiques d’exister au 1er tour malgré la bipolarisation imposée par le second.

On peut avoir voté pour Nicolas Sarkozy, souhaiter le succès de son gouvernement et en même temps défendre nos propres convictions pour que cette certaine idée de la France inspire l’action de la majorité.

Debout la République, comme le MRC de Jean-Pierre Chevènement à gauche ou le MPF à droite, doit cependant éviter deux écueils :

- celui de la fusion avec le parti majoritaire. C’est tout le sens de notre départ de l’UMP. Nous sommes différents, notamment sur l’Europe, et nous devons l’assumer.

- celui du « ni-ni » car sous la Vème République, il est impossible d’être « ailleurs », sauf à être nulle part. Il faut bien se positionner. C’est la logique institutionnelle.

La tâche est difficile car il est évident que le PS comme l’UMP veulent imposer une bipolarisation totale. Mais pour cela, il faudrait qu’ils passent à un scrutin législatif à 1 tour et à une élection présidentielle à un tour.

Nous en sommes loin. Les Français sont attachés à la diversité politique. A nous donc de la faire vivre.

Les grands patrons français passent à l'offensive contre l'euro fort

PARIS (AFP) - Confrontés à des niveaux historiquement hauts de l'euro, qui favorisent leurs concurrents non européens, plusieurs grands patrons français tirent la sonnette d'alarme, alors que la banque centrale européenne s'apprête à relever de nouveau ses taux en juin.

"La situation du dollar, et encore plus du yen" face à l'euro, crée "un handicap terrible pour l'industrie européenne", a lancé mercredi le PDG du groupe automobile français PSA Peugeot Citroën, Christian Streiff.

"Quand l’euro s’apprécie de 10 centimes vis-à-vis du dollar, Airbus perd 1 milliard", avait souligné la veille le coprésident exécutif du groupe aéronautique européen EADS Louis Gallois.

L'euro fort, a résumé M. Streiff, c'est à la fois "un handicap à l'exportation dans certaines zones" mais aussi "la porte ouverte à toutes les importations à des prix absolument imbattables" sur le sol européen.
Car s'il fait le bonheur des consommateurs européens, qui profitent de bas prix pour les voitures japonaises ou les ordinateurs américains, il désavantage les entreprises exportatrices de la zone qui voient s'envoler les prix de leurs produits alors que leurs concurrents étrangers profitent de l'effet inverse.


Dans ce contexte, la politique de relèvement des taux d'intérêt de la BCE, menée au nom de la lutte contre l'inflation mais qui alimente la hausse de la devise européenne, a été la cible de moult critiques ces derniers mois, notamment de la part des candidats à l'élection présidentielle française.
Le candidat Nicolas Sarkozy avait ainsi appelé fin mars à une "offensive diplomatique pour obtenir de nos partenaires qu'ils fassent pression sur la BCE" et "pour que l'on mette en place un véritable gouvernement économique de l'Europe".


Les grands patrons, jusqu'ici relativement discrets en dépit d'un record historique de l'euro à 1,3682 dollar fin avril, ont visiblement décidé de prendre le relais. Avec en ligne de mire la perspective d'un nouveau tour de vis monétaire de la BCE en juin.
"Ma préoccupation actuelle concerne le relèvement prochain des taux d’intérêt envisagé par la
Banque centrale européenne, a souligné mardi Louis Gallois. "Cela renforcera l’euro et ce n’est pas du tout une bonne nouvelle pour Airbus", a-t-il ajouté, avant d'avertir qu'une nouvelle hausse de la devise européenne face au dollar pourrait encore alourdir le plan de restructuration Power8, qui prévoit déjà 10.000 suppressions d'emploi chez Airbus et ses sous-traitants.

Si le président Sarkozy, en visite ce mercredi à Bruxelles, a semblé infléchir ses critiques de la BCE ces dernières semaines, certains espèrent qu'il parviendra à influencer la politique monétaire européenne.
"Je ne sais pas si on va réussir à faire en sorte que la
Banque (centrale, ndlr) européenne devienne plus attentive à la force de l'euro et à la croissance de la France. Peut être qu'avec la nouvelle donne politique, cela aura une influence, je l'espère", a déclaré mi-mai Bernard Arnault, PDG de LVMH et proche du nouveau chef de l'Etat.
Mais les économistes n'y croient guère.


"On ne peut rien faire par rapport à l'euro et à la Banque centrale européenne (BCE), d'autant plus qu'on est les seuls demandeurs", a estimé lundi Olivier Davanne, de la société de gestion DPA Invest, lors d'un débat organisé par l'Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).
La France se trouve dans une situation très différente de celle de l'Allemagne, a renchéri Patrick Artus, chef économiste d'Ixis lors de ce débat. Cette dernière, qui a délocalisé beaucoup d'activités ces dernières années, "gagne à un euro plus fort, à la différence de la France, qui réimporte beaucoup", a-t-il observé.

dimanche, mai 20, 2007

A vous de jouer, Monsieur le Président


Aujourd’hui Nicolas Sarkozy devient officiellement Président de la République française. Ce même jour, Joaquin Almunia, le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, rend public un rapport qui fera qu’inéluctablement, Chypre et Malte entreront dans la zone euro le 1er janvier 2008.

Non parce que leurs peuples et ceux qui utilisent l’euro l’ont décidé, mais simplement parce que ces deux îles constituent des Etats qui respectent les critères* imposés par la BCE.

La Slovaquie, devrait suivre le 1er janvier 2009, La Pologne vers 2012. (les règles changeront en 2009, mais la France n’aura jamais plus qu’une voix sur quinze à la BCE)

Nicolas Sarkozy aura donc autant de pouvoir sur la politique monétaire de la zone euro que Tassos Papadopoulos, Président de la République de Chypre, 820.000 habitants, île située non en Europe, mais en Asie mineure. (Nicolas Sarkozy a raison de dire que la Turquie ne peut pas entrer dans l’UE, puisque la Turquie est en Asie mineure. Mais il ne dira rien sur le fait que Chypre qui est également en Asie mineure, non seulement fait partie de l’EU, mais entre dans la zone euro.)

Nicolas Sarkozy aura donc autant de pouvoir sur la politique monétaire de la zone euro que Edward Fenech Adami, Président de la République de Malte, 400.214 habitants, territoire répondant à la qualification de "paradis financier" et classé comme "zone à risques" par les Nations Unies en matière de blanchiment d’argent, en raison notamment de l’existence de mécanismes off-shore, de l’application d’un secret bancaire fort et du développement de trafics en tous genres. Malte est également un pavillon de complaisance bien connu. (source Wikipédia). Mais la morale et les affaires ne faisant pas toujours bons ménages, cela ne l’empêche pas de répondre aux fameux critères de la BCE pour faire monnaie commune avec la France.

Si Nicolas Sarkozy - en s’asseyant sur le traité de Maastricht qui lui interdit d’influencer la politique de la BCE - réclame que celle-ci intègre de nouveaux objectifs pour relancer la croissance quitte à laisser filer l’inflation, il suffira à Messieurs Papadopoulos et Fenech Adami de dire qu’il ne sont pas d’accord pour que M. Trichet ne tienne aucun compte de la volonté du Président français.

Deux îles, dont une est en Asie mineure, l’autre tirant l’essentiel de ses ressources du dumping fiscal, du blanchiment d’argent sale et des pavillons de complaisances, représentant à elle-deux moins que la population du département des Hauts de Seine, peuvent créer une situation qui amène le nouveau Président de la 5e puissance mondiale à ne pouvoir tenir ces engagements. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Parce que moi, je ne trouve pas ça normal. Mais l’Europe, c’est ça. Il faut que les Français le sachent.

Et il est évident que ni Chypre, ni Malte n’ont les mêmes préoccupations économiques que la France.

Si Ségolène Royal avait été élue, il aurait fallu parler avec ces pays d’harmonisation sociale et de SMIC européen. Nous avons tout de même échappé à un grand moment comique.

Il ne faut surtout pas en déduire que le nouveau Président de la République ne tiendra pas ses engagements. Chacun peut penser qu’il était sincère quand il nous disait les yeux dans les yeux qu’il les tiendrait tous. Il faut simplement en déduire qu’il ne peut les tenir qu’en dénonçant le traité de Maastricht et en rétablissant les droits naturels de toutes les nations indépendantes : défendre leurs intérêts et non ceux de leurs voisins, et pour ce faire, disposer de leurs propres monnaies.

Post-scriptum :
* Leur inflation est sous contrôle (2 % pour Chypre au cours des douze derniers mois, 2,2 % pour Malte, la valeur de référence étant de 3 %), leur déficit ne dépasse pas 3 % du PIB (1,5 % pour Chypre, 2,1 % pour Malte), leur dette publique se rapproche des 60 % du PIB (65,3 % en 2006 et 61,5 % en 2007 pour Chypre, 66,5 % en 2006 et 65,9 % pour Malte), ils sont membres du système monétaire européen bis depuis deux ans et leur taux de change par rapport à l’euro est stable, et, enfin, leurs taux d’intérêt à long terme, librement fixés par les marchés financiers, sont dans la norme de la zone euro. Cerise sur le gâteau, leur croissance est forte (3,8 % en 2006 pour Chypre et 2,9 % pour Malte) et leur chômage, faible (4,7 % pour Chypre et 7,4 %). (source Libération).

http://www.decapactu.com/

mercredi, mai 16, 2007

La photo du jour

dimanche, mai 13, 2007

Un nouveau Président mais pour quelle politique ?


Par Nicolas Dupont-Aignan, jeudi 10 mai 2007 à 10:24 :: Réflexion

Les Français ont élu Nicolas Sarkozy Président de la République pour tourner la page de 20 années d’immobilisme. Ils ont été séduits par le langage direct et le sentiment donné par le candidat qu’avec lui tout est possible. Ils ont aussi estimé que Ségolène Royal n’était pas suffisamment apte à s’attaquer aux maux du pays.

Cette campagne n’a pourtant pas abordé le fond des problèmes. Les deux finalistes ont surtout mené une campagne d’image et le plus dur commence maintenant.

Le nouveau Président doit en effet à la fois réconcilier les Français et s’attaquer aux racines des problèmes.

Pour ce faire quelle sera sa politique ? Celle de ses proches qui rêvent de normaliser la France ou celle de ses discours qui s’attaquaient à la politique de la Banque Centrale européenne ou du libre échange déloyal ? Beaucoup, je le sais bien, m’ont reproché d’avoir rendu public mon vote en sa faveur. Mais, j’ai clairement indiqué que si au 1er tour on exprime une préférence, au second on élimine le candidat dont le projet est le moins positif pour le pays.

Or j’assume mon rejet du programme de Ségolène Royal qui aurait perpétué un immobilisme fatal pour la France. Le duel télévisé de l’entre-deux-tours a d’ailleurs révélé aux Français combien sur les retraites, l’emploi, la sécurité, l’immigration, le projet de Nicolas Sarkozy était, que cela plaise ou non, plus solide que celui de sa rivale.

Quant à l’affaire européenne, les deux candidats ont cultivé la plus parfaite ambiguïté : tous deux partisans acharnés du oui en 2005, l’un et l’autre se sont contentés de donner des gages particulièrement fragiles à la France du non, sans qu’il soit possible de savoir à coup sûr où se trouvait la moins mauvaise garantie contre la résurgence du traité. Car, entre nous, il était bien évident que la candidate socialiste, en promettant un référendum, cherchait avant tout à réconcilier le oui et le non à gauche plutôt qu’à l’échelle du peuple français tout entier. Rien ne dit qu’elle aurait tenu parole, dès lors que l’adjonction de quelques vagues protocoles sociaux au TCE aurait ramené un semblant de calme dans son camp. De son côté, Nicolas Sarkozy a certes affiché la couleur d’une ratification parlementaire, mais en prenant soin de dire que, la Constitution étant « morte », il ne pouvait s’agir que d’un traité a minima. Dans un cas comme dans l’autre, les garanties et les assurances étaient en réalité bien minces.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas parce que j’ai fait mon choix que cela m’interdira de mener avec franchise mon action politique. Tout au contraire, c’est parce que j’ai eu le courage de surmonter mes réticences vis-à-vis de certains aspects du candidat de l’UMP, de ne pas me complaire dans le ni-ni, que je pourrais d’autant plus dire et agir.

L’enjeu maintenant est de faire comprendre au Président et à sa nouvelle majorité qu’ils doivent, pour réussir, être cohérents. Ce n’est en effet qu’en changeant préalablement d’Europe que l’on pourra redresser la France.

Pour maîtriser l’immigration, il faut contrôler les frontières et aider l’Afrique. Pour relancer l’emploi, il faut changer le fonctionnement de la Banque Centrale européenne et rétablir la préférence communautaire. Pour investir massivement dans les industries d’avenir, il faut revoir la politique de la concurrence.

La question européenne et la manière dont l’abordera Nicolas Sarkozy sera donc le test essentiel du début de mandat. Soit le Président capitule devant la pression de certains de nos partenaires et c’en sera fait, prématurément et définitivement, de son état de grâce : la déception des Français sera alors immense. Soit il réussit par le bras de fer à faire évoluer les choses et alors il se donnera les moyens d’avoir des résultats. Je précise d’ailleurs que s’il devait en être ainsi, je lui apporterai un soutien sans équivoque ni hésitation.

Tout l’enjeu est là. C’est pourquoi nous devons saisir les élections législatives pour nous muscler. C’est le sens des quelques 70 candidats que nous présenterons en juin.

Il s’agit de peser sur la future politique qu’impulsera le nouveau Président de la République.

samedi, mai 12, 2007

Présidentielles 2007 : enseignement

L’engouement impressionnant pour les Présidentielles 2007 ne s’explique pas par le show permanent médiatico-politique, esbroufe pourtant désormais éprouvée par la synarchie totalitaire pour amuser, capter et asservir le peuple.

Il ne peut non plus s’expliquer par des programmes flous et volatiles des candidats, et moins encore par leurs personnalités banales et commerciales, mues exclusivement par des ambitions personnelles.

Non, l’explication profonde de ce « seïsme » est la manifestation spontanée de l’attachement déchirant du peuple à ses institutions à l’occasion de cette élection solennelle entre toutes, et en l’exercice de la démocratie qu’il sait menacée.

C’est un peu comme si l’électorat a pris en otage les deux partis accapareurs du pouvoir en les mettant face à leurs responsabilités historiques, dans un dernier souffle.

Il a voulu symboliquement en masse donner une dernière chance à ce qu’est devenu sa démocratie.

Réaction tout aussi grandiose que viscérale.

C’est sur cette défense que le peuple s’est mobilisé, en ressuscitant naïvement ses vieux repères droite-gauche habituels, sans pour autant plus y croire vraiment.

Toute autre analyse politique s’engluera dans l’anecdote, comme le vote de la jeunesse, le rejet du face à face Le Pen-Chirac, l’engouement pour certaines promesses ponctuelles, etc. Quand bien même elles contiendraient à l’occasion des éléments forcément vrais.

Toute analyse visant à établir autre chose qu’un espoir en la démocratie, comme la légitimité du système actuel ou la légitimité pleine et entière de l’élu, se heurtera aux mêmes effets, par exemple, que les 82% de Chirac en 2002, dont il est finalement sorti affaibli.

Cette campagne ayant donc évacué les vrais enjeux, et singulièrement ceux de la liberté et de la souveraineté, les faits, qui sont têtus, les feront réapparaître. Et on sait désormais avec quelle force le peuple les exprimera !

Vous pouvez contacter Gérard Bailliet, Délégué régional de l’Union Populaire Républicaine du Nord - Pas de Calais : contact@u-p-r.org

jeudi, mai 10, 2007

Stopper la destruction européenne ou trahir le peuple ?

Tous les chefs d’Etats européens sont ligués pour que le nouveau Président français oublie vite les engagements faits aux Français et se soumette à leurs injonctions de poursuivre la construction européenne comme si rien ne s’était passé, ni le 29 mai, ni après.

Mais le soir même de son élection, ce Président nouvellement élu a semblé accélérer les choses en les mettant au pied du mur en ces termes :

"Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie j’ai été européen, que je crois profondément, que je crois sincèrement, en la construction européenne. Et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je conjure, je conjure nos partenaires européens, d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je conjure nos partenaires européens de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l’Union Européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde. "

Car si Nicolas Sarkozy a de bonnes cartes en main -la durée, une forte légitimité, les milliards de la contribution nette de la France à l’Union - il n’est malgré tout qu’un dirigeant parmi 27. Vingt-sept états où la majorité des atlantistes-mondialistes est écrasante qui ont en horreur le « modèle français » et sont angoissés à chaque consultation des Français. Ses homologues européens ne se sont pas gênés de le mettre péremptoirement en garde sur le thème « qu’il n’aurait pas de marge de manœuvre ».

Nicolas Sarkozy a parfaitement compris que sa force est de parler au nom de ces peuples à qui personne ne demande leurs avis et que l’impopularité de la "construction" européenne est le seul élément suffisamment inquiétant pour les gouvernants européistes pour qu’il retrouve une "marge de manoeuvre".

Car il n’a cessé de répéter qu’il tiendrait tout ses engagements, Valérie Pécresse précisant que l’élection aurait valeur de référendum pour ses engagements* (voir son blog).

Ainsi, il s’est lui-même obligé à obtenir des résultats. Sauf à se désavouer, il ne pourra accepter qu’un mini-traité posant au minimum le principe de la préférence communautaire, un dispositif anti-délocalisation, une refonte des règles sur la concurrence et le droit pour un pays membre de déroger à une décision européenne contraire à ses intérêts. Son engagement de ne pas remettre en cause le statut de la BCE n’est déjà pas de bonne augure, sauf à espérer qu’il ne s’agit que d’une concession pour emporter tout le reste. (mais il faut vraiment vouloir être optimiste pour miser sur cette seconde hypothèse...)

Sans le peuple, le nouveau président serait un roi nu. Encerclé à l’extérieur par les gouvernements européens qui "rongent leur freins", encerclé à l’intérieur par sa majorité libérale soumise à la mondialisation. Il a la chance et l’obligation de s’appuyer sur le peuple, d’où le choix crucial : respecter ses engagements quitte à remettre en cause les fondamentaux européens, ou se soumettre à l’empire en se désavouant.

Maintenant que la page des élections est tournée, que pouvons-nous faire ? Simplement expliquer à nos concitoyens où se prennent réellement les décisions et l’état de vassalisation dans lequel le pays est tombé. Faire naître une prise de conscience : non seulement la liberté du peuple à disposer de son destin est un droit inaliénable, mais c’est aussi la solution aux problèmes de société et aux impasses économiques. Que se construise un profond élan de libération nationale, moderne, populaire, républicain, réfléchi et transcendant tous les clivages, et la France sera réellement plus forte, et son gouvernement quel qu’il soit aura plus de "marge de manoeuvre". Ce mouvement permettra un jour à une France libre de retrouver son rôle historique dans le monde, en mettant fin à cette funeste stratégie continentale d’un autre âge.

lundi 7 mai 2007
par Jean-Yves Crevel



mercredi, mai 09, 2007

Sarkozy : républicain en parole, sera-t-il républicain en actes ?

Frederic BECK
Revue républicaine

Dans un discours exemplaire de souffle et de vision, Nicolas Sarkozy a eu, devant ses militants rassemblés salle Gaveau, les mots qu’il fallait, des mots qu’un gaulliste ne saurait renier. « Ce n’est pas la victoire d’une France contre une autre. » « Je conjure nos partenaires européens d’entendre la colère des peuples qui voient dans la construction européenne le cheval de Troie de la mondialisation. » « Ceux que la vie a brisés ne seront pas abandonnés. » « La France placera en tête de ses priorités le combat contre le réchauffement climatique. » Discours d’unité, de fraternité, de rassemblement et d’envoi en mission, appel à « réhabiliter le travail, l’autorité, le mérite », à former avec les pays du pourtour méditerranéen une relation forte, à aider le Tiers-Monde et notamment l’Afrique à se replacer sur la route du développement : rappelons-nous ces paroles fortes, entendons ce message et gardons-le en mémoire et rendons Nicolas Sarkozy comptable de ses engagements.

Dimanche 6 mai 2007



mardi, mai 08, 2007

RESULTAT DANS LE VAL DE MARNE

France

VAL DE MARNE
ROYAL
304 978 voix
50,20%
SARKOZY
302 512 voix
49,80%

Une victoire politique, bien sûr. Mais avant tout un triomphe idéologique...

Par Maurice Szafran, directeur de Marianne.



Pour se reconstruire, le PS en particulier, et la gauche en général, doivent au plus vite prendre exemple sur… Nicolas Sarkozy. Dans son long cheminement politique et idéologique, le nouveau chef de l'Etat aura fait la preuve que, dans ce pays, avec son histoire, seule la cohérence finit par payer. Et le moins que l'on puisse rappeler c'est que le chef de la droite est parti de loin, de très loin.

Après le pompidolisme, le giscardisme, le chiraquisme, place au sarkozysme. Définition de ce « sarkozysme » ? Prendre en considération l'ensemble des structures politiques, sociales, ethniques et culturelles de la société française et en gérer, sans se dégonfler, les contradictions, voire même les oppositions les plus radicales. Ainsi, le « candidat des plus riches » - et Sarkozy l'est incontestablement - a su conquérir, au fil d'un minutieux travail, les fameuses couches dites populaires, les Français d'en bas dont les médias nous rabattent tant les oreilles. De cette contradiction insurmontable, Sarkozy a fait une force.

Prenons un exemple, pas si fortuit que cela : Dominique Strauss-Kahn qui, depuis hier s'affiche comme le grand réformateur de la social-démocratie française, est-il capable, réellement capable, d'un tel grand écart ? L'ex-ministre des Finances est à n'en pas douter la coqueluche « socialiste » de la bourgeoisie. C'est un bon point, c'est même indispensable pour tout prétendant à l'élection présidentielle. Mais DSK, avec sa phraséologie, ses pratiques politiques, et ce Parti socialiste là, est-il en mesure de reconquérir les millions d'électeurs « naturels » de la gauche qui ont fui, avant-hier vers Le Pen et se sont réfugiés hier dans le giron sarkozyste ? Inutile, pour l'heure de se poser la question. La réponse est évidemment négative.

Les socialistes, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, François Hollande, Ségolène Royal évidemment, et tant d'autres, ont cinq ans pour construire une cohérence. Ce n'est pas si long que cela.

Lundi 07 Mai 2007
Maurice Szafran

jeudi, mai 03, 2007

Encore une bourde de la Commission Européenne

Schneider réclame 1,66 milliard d'euros à Bruxelles
C'est l'histoire de l'arroseur arrosé. Le groupe français de matériel électrique Schneider a accablé mercredi devant la Cour de justice de Luxembourg la Commission européenne, qui l'avait empêché de fusionner avec Legrand en 2001, lui réclamant des indemnités énormes de 1,66 milliard d'euros.Schneider a accusé la Commission d'avoir commis une "faute particulièrement grave" en mettant son veto à l'opération de fusion, causant ainsi à l'entreprise française des pertes financières très importantes, selon une source proche du dossier.En janvier 2001, Schneider et Legrand avaient annoncé leur fusion, qui devait créer le numéro un mondial de l'appareillage électrique de basse tension et des automatismes industriels.Le 10 octobre de la même année, les services de la concurrence de la Commission, sous la houlette du commissaire Mario Monti, avaient bloqué l'opération, alors que le rapprochement entre les deux groupes français était déjà effectif. Ce veto avait contraint Schneider à revendre Legrand.Mais un an plus tard, le 22 octobre 2002, la justice européenne, saisie par Schneider, avait sévèrement critiqué l'argumentation de la Commission et annulé son veto. Schneider demande maintenant des indemnités d'un montant sans précédent dans une procédure de cette nature.Dans sa plaidoirie mercredi, le groupe a reproché en bloc à l'exécutif européen d'avoir "violé le droit de la concurrence" communautaire, d'avoir "violé ses droits à la défense" lors de la procédure d'examen de la fusion, d'avoir "manqué de loyauté" dans les discussions, et enfin de l'avoir "obligé à revendre rapidement Legrand" alors que les conditions de marché n'étaient pas favorables, selon le rapport d'audience que s'est procuré l'AFP et cette source proche du dossier.