vendredi, avril 25, 2008

Nicolas Dupont-Aignan : le dernier des opposants ? (Mariane)


Gaulliste indépendant, Nicolas Dupont-Aignan joue le réseau local contre une élite coupée des électeurs qui ont dit « Non » au référendum. Acharné, cet « opposant professionnel » est le poil à gratter d'une droite en train de se réveiller.
« Vous allez peut-être me trouver frapadingue mais le peuple est avec nous ! » Malgré son sourire de petit garçon assorti à sa coupe de gendre idéal, il ne faut pas s'y tromper :
Nicolas Dupont-Aignan est très sérieux. L'année 2007 a pourtant été difficile pour « NDA » : privé de présidentielle faute de parrainages suffisants, seul député de son parti, Debout la République (DLR) élu aux dernières législatives, privé de financement par l'UMP... Il aurait plus d'une raison de déprimer. Mais la grogne qui monte à droite, dans l'électorat comme chez les élus, est du pain béni pour lui, qui l'élève au rang de contestateur en chef du Président. Nicolas Sarkozy, NDA le connaît depuis son entrée au RPR, en 1993. A l'époque, Sarko et sa bande le regardait déjà de travers quand il avait ravi à Karoutchi le poste stratégique de secrétaire aux Fédérations. Aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan ne pardonne pas au nouveau président de la République d'avoir déçu « l'espoir qu'il a suscité à droite » pendant la campagne. « En juin 2007, il avait une légitimité fabuleuse pour remettre en cause la pensée unique sur l'Europe à Bruxelles, peste-t-il. Mais sa vanité l'a emporté sur la raison. »

Hérault depuis plus de dix ans de la contestation d'une construction européenne qui menace, selon lui, « la grandeur de la France » - grandeur qu'il met en première ligne de son programme de gaulliste social-, Nicolas Dupont-Aignan profite de son indépendance pour voter contre le traité de Lisbonne, qu'il surnomme
« Le coup d'Etat simplifié ». Le 8 avril, il soutient la motion de censure, à l'inverse de Bayrou. Regain d'intérêt des journalistes qui viennent chercher ses piques contre Sarkozy tandis qu'une poignée de députés le félicitent (discrètement) de ses interventions à la tribune. « Nous partageons beaucoup d'idées, notamment sur l'Europe, confie Jacques Myard, député UMP des Yvelines. Mais il a fait l'erreur de se marginaliser. » Nicolas Dupont-Aignan n'est pas d'accord : « je ne me fie pas au raisonnement de la Salle des Quatre Colonnes. L'un de mes plus gros atouts, c'est mon réseau local. » Au moins une fois par semaine, le député-maire d'Yerres se rend en province : Lorraine, Bretagne, Centre… Cette semaine, c'est Marseille et Toulon, où il espère pouvoir renforcer son parti qui compte un peu moins de 10 000 adhérents aux profils variés - chevènementistes, anciens RPR ou encore villiéristes - qui l'animent dans 72 départements.

Parmi eux, Dominique Farçy, retraité et bénévole qui a « levé le doigt pendant le meeting de la Maison de la Chimie en 2007 » quand Nicolas Dupont-Aignan a demandé si certains souhaitaient se présenter aux législatives. Aujourd'hui il travaille presque à plein temps à la permanence de Yerres au milieu des milliers de tracts que les militants envoient à travers toute la France. Ce petit local est le QG d'une propagande nerveuse alimentée par les bonnes volontés : privé des subsides de l'UMP, Debout la République fonctionne avec 350 000 à 400 000 euros par an, en comptant les cotisations des adhérents, contre 600 000 en 2007. Une rigueur qui oblige cet « opposant professionnel », comme se surnomme Nicolas Dupont-Aignan, à être sur le pont à plein temps, s'accordant juste de quoi profiter de sa famille et de sa ville. Ecole Saint-Exupéry, promenade Barbara, Cinéma Paradiso… A Yerres, « NDA » a marqué la ville de ses goûts. Faites le tour de la bâtisse rococo de la mairie, fouillez-en les couloirs et retournez chacune des chaises, vous n'y trouverez pas un seul drapeau européen ! Envoyé un peu par hasard dans cette commune des Yvelines pour se présenter contre un maire socialiste réputé imbattable, il est élu dès le premier tour en 1995. « Mon premier miracle », confie-t-il. Le second fut son élection comme député en 1997, au second tour cette fois et d'une courte tête (50,4%).
En 2008, NDA est le maire le mieux élu de France.
Depuis, il gère sa municipalité avec l'expérience acquise comme conseiller technique à la politique de la ville entre 1993 et 1995 chez François Bayrou puis Michel Barnier. En 2008, il est le maire le mieux élu de France, avec 78% des suffrages exprimés au premier tour. Il préfère de loin la gestion de sa ville aux intrigues de parti. Ses premiers problèmes avec le RPR remontent à 1999, quand il s'oppose au traité d'Amsterdam - attitude jugée par ses coreligionnaires indigne du secrétaire national qu'il est alors. Toujours au sein du parti, il soutient la liste Pasqua-Villiers aux élections européennes et devient secrétaire général adjoint de leur Rassemblement pour la France. L'aventure se termine au bout de trois mois et il revient au RPR, « la queue basse, pour assister au détricotage du parti gaulliste », se souvient-il. Gaulliste : il défend bec et ongles cet adjectif que l'UMP lui dénie. Il faut dire que ses positions eurosceptiques lui attirent
des voisinages un peu sulfureux. « Je suis un républicain, insiste-t-il. Je ne veux pas être amalgamé avec le souverainisme ringard de Villiers : je suis un progressiste ! »

Philippe de Villiers, lui, aimerait bien capter la nouvelle aura du président de Debout la République : « Nicolas Dupont-Aignan fait le même bon constat que nous sur l'impossibilité de faire de la politique en France quand tout se décide à Bruxelles », explique Patick Louis Député Européen MPF. Paul-Marie Coûteaux espèrent aussi ce rapprochement qu'il tente de favoriser en vue des élections européennes de 2009. Bref, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais été aussi courtisé mais il préférerait choisir ses prétendants. Son objectif est simple : « survivre jusqu'en 2012. » « Aujourd'hui, je ne vois personne qui veuille reprendre le flambeau de mes idées », déplore-t-il. Un avis que partage François-Xavier Vilain, député-maire de Cambrai affilié à DLR : « Je me retrouve dans ce qu'il exprime et il est le seul à porter ces idées-là sur l'Europe à droite. Les électeurs commencent à le connaître ! », ajoute-t-il. « Sincère » pour beaucoup, il est, pour un journaliste qui l'a suivi toute la campagne durant, « trop gentil. » Mais, de l'avis général, c'est un véritable acharné. Sa motivation ? Des pères de famille qui l'encouragent à la sortie de la boucherie. Pour lui, le non au référendum sur le TCE a été le signal : « on a une élite d'abandon qui n'aime plus le peuple et vous voudriez que je travaille avec cette élite ? » Qu'il se rassure : cette élite n'a pas l'intention de lui proposer le moindre job. Face à un Président qui remet en cause la laïcité, réintègre l'Otan ou reste passif face à l'euro fort, NDA voit venir la révolte. « Ca va finir dans la rue, toute l'histoire est faite de ça, dit-il d'un air d'évidence. Il y aura besoin d'une recomposition politique et j'espère modestement pouvoir y participer. »

Pour l'instant, Nicolas Dupont-Aignan organise la résistance.

Seul. (mais avec 10 000 fidèles).

Mercredi 23 Avril 2008 - 01:28
Sylvain Lapoix-

mercredi, avril 23, 2008

La réforme des institutions en Conseil des ministres .

PARIS (AFP) - Le Conseil des ministres examine mercredi le projet de révision constitutionnelle, projet phare de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, avec, à la clef, l'accroissement des pouvoirs du Parlement et la possibilité pour le chef de l'Etat de s'exprimer devant les deux Assemblées.
M. Sarkozy avait confié fin 2007 à une commission présidée par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur le soin de réfléchir à la réforme des institutions.
Plusieurs personnalités de gauche, dont l'ancien ministre Jack Lang, ont fait partie de cette commission dont nombre de propositions ont été retenues par le duo exécutif. Le Premier Ministre, chef du gouvernement, avait fait une communication sur ce sujet lors du Conseil des ministres du 19 mars.
Principales dispositions avancées: le président pourra désormais venir s'exprimer devant le Parlement et son allocution pourra donner lieu, hors sa présence, à un débat non suivi d'un vote.
- Les mandats présidentiels sont limités à deux.
- Autre mesure clé: le renforcement du rôle du Parlement, avec, pour chaque Assemblée, la possibilité de maîtriser la moitié de son ordre du jour.
- Les parlementaires donneront également leur avis sur les nominations aux institutions les plus importantes ou des dirigeants d'entreprises publiques.
- Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne sera plus présidé par le président de la République mais par le premier président de la Cour de cassation, ou par le procureur général auprès de la Cour de Cassation.
Les députés commenceront à débattre du projet le 20 mai, puis ce sera au tour des sénateurs en juin. Il ne pourra être définitivement adopté qu'après acceptation par les 3/5è du Congrès, qui se réunira en juillet, probablement le lundi 7.
D'où l'incertitude qui pèse sur ce projet de loi.
Le Parti socialiste notamment a réaffirmé jeudi que la réforme des institutions ne devait pas "se limiter à une réforme du travail parlementaire" et a exigé "un paquet global" incluant une réforme des modes de scrutin pour les élections sénatoriales et législatives (introduction d'une dose de proportionnelle). Nombre de socialistes refusent également que le président aille devant le Parlement.
"L'abstention des socialistes nous suffirait" mais si "la réforme renforce le Parlement, le Parlement peut aussi renforcer la réforme" en émettant un vote positif, a affirmé mardi à l'AFP Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement.

Vous pouvez vous procurer ce projet auprès de la Documentation Française au prix de 18.50€ (frais d'envoi compris)

mercredi, avril 16, 2008

L'UMP inquiète, affiche sa déception !!!

Estimant que l'UMP s'est coupée de base, le maire de Nice, Christian Estrosi, réclame l'élection par les militants des dirigeants du parti majoritaire tandis que le député Georges Tron parle d'une "année de déception."
Dans un entretien au Figaro, mercredi, il dénonce l'actuelle organisation collégiale de l'UMP, comprenant un secrétaire général et un vice-président du conseil national en se demandant "d'où cette direction tire sa légitimité."
"Nous nous sommes progressivement coupés de notre base populaire. Nous devons engager un grand débat national dans le parti, suivi d'une consultation de tous les militants", déclare-t-il.
"La démocratie dans le parti doit être réhabilitée. C'est pour cette raison que j'appelle à une désignation par les militants de tous les responsables de l'UMP", ajoute Christian Estrosi, qui précise n'être "candidat à rien."
Prié de dire s'il vise l'actuel secrétaire général, Patrick Devedjian, le maire de Nice affirme qu'il ne s'agit pas d'une affaire d'homme.
Dans France soir, Georges Tron, député UMP de l'Essonne et proche de Dominique de Villepin
, estime que la première année du quinquennat de N. Sarkozy est une "année de déception."
"C'est une année de surprise et finalement de déception. Une année en tout cas difficile pour notre majorité", affirme-t-il.
Selon lui, les "couacs" survenus ces dernières semaines au sein de la majorité sont liés "à la méthode" du gouvernement qui n'écoute pas les députés comme il le devrait.
En outre, Georges Tron ne voit pas de "rupture" avec le quinquennat de J.Chirac
"hormis sans doute la façon de gouverner." "Aujourd'hui, une grande partie de la majorité s'interroge et fait part de ses inquiétudes", dit-il.

jeudi, avril 10, 2008

Retour à l'OTAN, NO

mercredi, avril 09, 2008

LE BAISER DE LA MORT

Lors du récent sommet de l’OTAN à Bucarest, George W. Bush a cité en exemple Nicolas Sarkozy qui, répondant à son appel, venait d’annoncer sa décision de renforcer de 700 hommes le contingent français en Afghanistan. Autre raison pour le président américain de se féliciter, Nicolas Sarkozy a profité de ce sommet pour rendre public son choix de faire rentrer en 2009 la France dans les structures intégrées de l’OTAN.

A la vérité, ces deux décisions sont les deux faces d’une même politique d’alignement sur les Etats-Unis. Après l’Irak, l’Iran, voici l’Afghanistan et, conclusion logique, l’OTAN. La France, qui, depuis le général de Gaulle, avait habitué le monde à faire entendre une voix indépendante, rentre dans le rang.

Par ces choix, Nicolas Sarkozy l’engage sur une voie dangereuse. On aura noté que, pour justifier l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, il reprend presque mot pour mot l’argumentation de George W. Bush de la lutte contre le terrorisme. Argument tout aussi simpliste que celui mis naguère en avant pour justifier l’invasion de l’Irak. Six ans et demi après son début, la guerre livrée en Afghanistan tend à changer de visage. Il faut croire d’ailleurs que le candidat Sarkozy l’avait compris puisqu’il s’était alors engagé à en ramener les troupes françaises. L’occupation étrangère produit ici comme ailleurs les mêmes conséquences. Les forces de l’OTAN se heurtent aujourd’hui à la même résistance que celle à laquelle les Soviétiques et, avant eux, les Britanniques eurent à faire face. Après l’Irak, l’Afghanistan est devenu un bourbier et nous avons tout à perdre à nous y enliser.

L’alignement sur les Etats-Unis est lourd d’un autre danger. Il tend à enfermer la France dans les limites de l’Occident, alors que sa vocation l’appelle à dépasser cet horizon. Il risque de la conduire à entrer dans la logique du choc des civilisations radicalement contraire à son génie.
Nicolas Sarkozy n’a pas cru devoir expliquer ses choix aux Français. Après en avoir accordé la primeur au Premier ministre britannique, il les a annoncés aux chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Bucarest au sommet de l’Otan. L’affaire est trop grave pour qu’elle passe en catimini. Comme elle concerne notre avenir et met en cause l’indépendance de notre politique, elle doit faire l’objet d’un vaste débat national qu’il faudrait conclure, d’ici 2009, par l’organisation d’un référendum par lequel les Français seraient appelés à se prononcer sur le retour de la France dans l’OTAN.


EDITO DE JEAN-PAUL BLED
PRESIDENT DU RIF