jeudi, juillet 31, 2008

L'Europe de Sarkosy sur une voie de garage!


Merci à Placide pour son aide!

mardi, juillet 15, 2008

de Gaulle et l'OTAN

par Jean-Paul Bled, professeur des universités, président d'honneur du RIF, Paris .

Voici cinquante ans que le général de Gaulle revenait au pouvoir. Les commémorations ont ceci d'utile qu'un regard sur le passé permet d'interroger le présent. On aura observé que Nicolas Sarkozy s'est abstenu de toute célébration de ce cinquantenaire. Il lui aurait fallu faire l'éloge d'une Constitution qu'il s'évertue à mettre à mal. C'est aussi en 1958 que le général de Gaulle pose clairement le problème de la compatibilité de l'OTAN avec les intérêts de la France. Ce rappel serait évidemment mal venu alors que le Président de la République s'apprête à ramener la France dans la structure intégrée de l'Alliance.


Quand il revient au pouvoir, le 1er juin 1958, le général de Gaulle est accaparé par d'autres urgences que les affaires internationales. Deux priorités s'imposent à lui : la réforme des institutions et le conflit algérien. L'effondrement de la IVe République a montré la nécessité de doter la France d'une nouvelle Constitution. Son élaboration occupe la plus grande partie de l'été jusqu'au référendum du 28 septembre. D'autre part, le conflit algérien constitue un frein au développement d'une diplomatie française tous azimuts.
Ces urgences n'empêchent pourtant pas le général de Gaulle d'aborder sans retard certains problèmes de fond. Le rapport de la France avec l'OTAN figure au premier rang de ces questions majeures. A vrai dire, la conviction du Général est faite bien avant mai 1958. La logique de la guerre froide l'a amené à renoncer à sa vision d'une France et d'une Europe occidentale à égale distance des deux géants américain et soviétique, comme il l'avait développée dans son discours de Bar-le-Duc. Mais, très vite, il a dénoncé le fonctionnement de l'Alliance, sans en remettre en cause pour autant le principe. Il ne tarde pas à voir dans l'OTAN, la structure intégrée de l'Alliance, un instrument de la politique américaine au mépris de l'exigence d'indépendance de la France. Il met les points sur les i dans le mémorandum qu'il adresse, le 17 septembre, au président des Etats-Unis, le général Dwight Eisenhower et au Premier ministre britannique, Harold Macmillan. Il ne se borne pas à y constater que l'organisation actuelle de l'alliance occidentale ne répond plus aux conditions nécessaires de la sécurité, pour ce qui concerne l'ensemble du monde libre. Derrière ce constat se cache la remise en cause du leadership américain qui pouvait peut-être se justifier tant que les Etats-Unis détenaient le monopole de l'arme nucléaire au sein du camp occidental. Mais, en 1958, cet état de fait appartient au passé et la France s'apprête à rejoindre le club très fermé des puissances nucléaires.
Atlantique Nord ?
Prenant acte de cette nouvelle donne, de Gaulle propose d'instituer un «directoire» tripartite, composé des trois puissances nucléaires ou en passe de le devenir (Etats-Unis, Royaume-Uni, France) qui étendrait son champ d'action au-delà de l'Atlantique Nord, en fait à l'échelle de la planète: il aurait, d'une part, à prendre les décisions communes dans les questions politiques touchant à la sécurité mondiale, d'autre part, à établir et, le cas échéant, à mettre en application les plans d'action stratégique, notamment en ce qui concerne l'emploi des armes nucléaires. Il ne fut pas donné suite à cette proposition. Avec ce refus, les choses étaient nettes. D'ailleurs, le Général avait laissé percer ses intentions dans les conclusions du mémorandum : le gouvernement français considère comme indispensable une telle organisation de la sécurité. Il y subordonne dès à présent tout développement de sa participation à l'OTAN et se propose, si cela paraît nécessaire pour aboutir, d'invoquer la procédure de révision du traité de l'Atlantique Nord, conformément à l'article 12. Après cette fin de non recevoir, il a arrêté sa décision de sortir de l'OTAN. Restait à choisir le moment opportun pour l'annoncer et la rendre effective. Ce moment serait dicté par les circonstances. Il importait d'abord de le préparer, en procédant par étapes. Ce qui fut fait.
Cinquante ans ont passé. Mais qui peut dire sérieusement que les Etats-Unis ont revu leur position ? Depuis des lustres, les partisans d'une communauté transatlantique n'ont cessé de mettre en avant qu'elle doit se construire sur deux piliers égaux. Après beaucoup d'autres, Nicolas Sarkozy tient ce langage. Mais, après beaucoup d'autres, il cède à une illusion régulièrement démentie par les faits. Là aussi, la leçon de 1958 ne doit pas être oubliée.



Source : L'Indépendance no 4

mercredi, juillet 09, 2008

En quelle langue va-t-il encore falloir le dire ?

« Le Figaro magazine », 21 juin 2008
Propos de Nicolas Dupont-Aignan, recueillis par Jean-Marc Gonin .

« Le non démocratique, franc et massif des Irlandais au traité de Lisbonne apporte une nouvelle preuve que les peuples ne veulent pas de cette Constitution européenne.
Car ce texte a été inventé pour contourner les non français et néerlandais aux référendums de 2005 qui portaient déjà sur cette Constitution.
Ceux qui veulent poursuivre le processus de ratification du traité de Lisbonne malgré le vote du peuple irlandais ne peuvent plus le faire que par référendum. C’est le seul moyen de lui donner une nécessaire légitimité populaire.

En revanche, s’ils persistent dans la voie parlementaire, ce traité sera mort-né.
Il vaudrait mieux qu’ils abandonnent l’illusion supranationale et qu’ils arrêtent le processus qu’ils ont voulu imposer aux peuples.
Mais cela ne suffira pas.

Chacun peut constater que les institutions nées des traités de Nice, d’Amsterdam et de Maastricht ne marchent pas. Les peuples perçoivent le vide démocratique qu’elles produisent. On a déshabillé les démocraties nationales et on a cru créer une démocratie européenne qui n’est qu’illusoire. La Commission, La Banque centrale européenne, la Cour de justice échappent au contrôle démocratique. On leur a concédé des pouvoirs considérables. La réaction du président de la Commission, José Manuel Barroso, au non irlandais le confirme. Pour lui, il faut passer outre. Cette attitude non démocratique est de type soviétique.
Il est urgent d’arrêter tout cela si l’on veut sauver la belle idée européenne. Nous devons aller vers une confédération d’Etats nationaux souverains qui coopèrent entre eux à la carte, qui s’entendent sur les terrains où l’Europe a besoin de se muscler et qui s’allient sur des projets industriels (comme ce fut le cas pour Airbus).
Les mariages forcés ne tiennent pas.

La fuite en avant bureaucratique doit s’arrêter. Il faut restituer aux nations toute une série de pouvoirs qui ont été dévolus à Bruxelles. La France a certes besoin de l’Europe, mais d’une Europe à géométrie variable avec des coopérations ad hoc.
Enfin, il faut réformer la Banque centrale européenne pour sauver l’euro.


Comme la FED américaine, la BCE doit être soumise à un contrôle politique.

Si nous ne parvenons pas à redonner aux Européens un sentiment de responsabilité politique au sein de ces institutions, l’ensemble du système va imploser.

On ne peut pas construire l’Europe contre les peuples qui la composent. »


Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste de l’Essonne
Président de Debout la République