samedi, octobre 18, 2008

En 2007, Nicolas Sarkozy promettait de lancer des «subprimes» à la française

Archives¦ Une pancarte "saisie" devant une maison en vente à Herndon, près de Washington, le 22 novembre 2007

La citation semble sortie d'une autre époque.
Pourtant, ces quelques lignes que 20minutes.fr a exhumé mercredi ne datent que de la campagne présidentielle 2007. Elles sont signées Nicolas Sarkozy.
«Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe [...] Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué.»
La proposition ressemble furieusement aux «subprimes» américains qui ont fait basculer la planète financière dans une crise qui dure depuis plus d'un an. Pour en avoir le cœur net, 20minutes.fr a interviewé deux économistes sur le sujet.
Marc Touati, économiste chez Global Equities«Oui, c'est du subprime! Le credo de Nicolas Sarkozy était que les Français les plus modestes devaient pouvoir devenir propriétaire de leur logement. C’était une promesse électoraliste qui ne tient pas l’analyse économique. Avec le vent de la crise financière, il serait impossible aujourd'hui de tenir ce discours. Concrètement, la proposition de Nicolas Sarkozy signifie que le gouvernement aurait autorisé les banques à octroyer des crédits à des ménages non solvables, ce qui est interdit actuellement. Finalement, heureusement qu'il y a eu la crise, sinon, avec le retournement du marché immobilier, on aurait pu avoir le même problème qu'aux Etats-Unis.»
Eric Heyer, analyste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)«C'est un mécanisme proche des subprimes. Avec le recul, la promesse de Nicolas Sarkozy paraît un peu ridicule. Lors de la campagne présidentielle, il voulait que la France adopte une vision plus américaine en matière économique. L'idée était de dire que dans notre pays, il y a trop de règles, trop de carcans.En France, quand vous allez demander un emprunt, le banquier regarde vos revenus et les mensualités de remboursement ne doivent pas dépasser 33% de vos revenus. Sarkozy voulait rajouter dans le calcul la valeur de la maison. C'est un mécanisme qui ne fonctionne que jusqu'au jour où la bulle éclate et où les prix de l'immobilier s'effondrent.Cela étant, l'hypothèque, peu développée en France, n'est pas forcément une mauvaise chose. Seulement, il faut que cela soit fortement encadré. Aux Etats-Unis, il n'y avait aucune règle ce qui a provoqué la chute de ces crédits pourris.»

Vincent Glad 20Minutes.fr

jeudi, octobre 09, 2008

Afghanistan: l'Otan fait le point, les difficultés s'accumulent

AFP - Jeudi 9 octobre, 07h25
BUDAPEST (AFP) - Les ministres de la Défense de l'Otan doivent faire le point jeudi à Budapest sur l'
Afghanistan où les difficultés s'accumulent pour l'alliance occidentale qui y mène l'opération la plus grande et la plus complexe de son histoire.
Face aux attaques de plus en plus meurtrières des talibans, le Secrétaire américain à la Défense Robert Gates demandera à ses 25 alliés d'envoyer des troupes en renfort des quelque 50.700 soldats de la force internationale basée en Afganistan (Isaf) placée sous le commandement de l'Otan depuis 2003.
Un gonflement temporaire des effectifs de l'Isaf serait également envisagé en vue de l'élection présidentielle afghane prévue au seconde semestre 2009, suivie de législatives en 2010. Washington ne veut pas être le seul à y contribuer.
Les relations délicates avec le
Pakistan où les talibans trouvent souvent refuge entre deux opérations devraient également être abordées lors de cette réunion informelle.
Le ministre afghan de la Défense Abdul Rahim Wardak, invité pour l'occasion, et le commandant en chef de l'Otan, le général américain John Craddock, souhaitent que l'Isaf participe au démantèlement du trafic d'héroïne dont l'Afghanistan est la plaque tournante mondiale.
Ce trafic rapporterait jusqu'à 100 millions de dollars par an aux talibans pour financer leurs achats d'armes, a rappelé lundi le général Craddock. Il voudrait que l'Isaf détruise les laboratoires des trafiquants et intercepte leurs expéditions d'opium et d'héroïne.
Le sujet divise cependant les alliés. L'Allemagne, l'
Espagne et l'Italie craignent que l'Isaf s'éloigne de sa mission et fasse davantage de victimes civiles.
En outre, à l'heure où les soldats russes ont commencé à se retirer dès mercredi des zones tampons adjacentes aux républiques sécessionnistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, ce qui a contribué à détendre l'atmosphère, l'Otan vérifie si son dispositif est adapté au nouveau contexte de ses relations avec Moscou.
La modernisation militaire de l'Otan doit aussi être évoquée jeudi par les ministres de la Défense de l'Alliance. Toutefois la crise financière mondiale risque de compromettre d'éventuelles augmentations des budgets de la Défense des Etats membres dont la majorité sont actuellement inférieurs au minimum de 2% du PIB fixé par l'Otan.
Par ailleurs, une enquête militaire rendue publique mercredi par le Commandement central américain a conclu qu'au moins 33 civils avaient été tués lors d'un raid aérien de la coalition le 22 août en Afghanistan, et non pas cinq à sept comme l'affirmait l'armée américaine.
L'enquête menée par le général américain Michael Callan, indique aussi que "l'utilisation de la force a eu lieu en légitime défense, (qu'elle était) nécessaire et proportionnelle aux informations dont disposait à ce moment le commandant" des forces engagées.
"Les forces américaines et afghanes n'ont commis aucune violation des procédures en vigueur en temps de guerre", souligne le texte.
L'affaire avait provoqué une controverse sur le nombre de tués et engendré la colère du gouvernement afghan du président Hamid Karzaï qui affirmait que 90 civils avaient été tués lors du raid.