Que souhaiter pour 2009 : Les communicants au rencart !
Il faut ... réfléchir aux vœux que nous formulons pour cette année politique que nous espérons la plus décoiffante possible.
Prêtons-nous au jeu.
Et soyons raisonnable mais ambitieux.
Raisonnable : n’en formulons qu’un seul. Ambitieux : qu’il le soit, littéralement.
Imaginons-nous au soir du 7 juin 2009.
Les résultats des élections européennes viennent de tomber sur les écrans. Sur le plateau de TF1, on croit remarquer la mine défaite de Xavier Bertrand et celle, catastrophée, de Martine Aubry. Sur celui de France 2, on observe la grimace de Benoît Hamon, porte-parole du PS, et on lit la mauvaise humeur sur la tête de Jean-François Copé et d’Olivier Besancenot. Sur la 3, Audrey Pulvar annonce que Daniel Cohn-Bendit s’est décommandé. En fait, seuls trois invités des plateaux ne s’y sont pas rendus avec des gueules d’enterrement. François Bayrou qui, dans une campagne largement défavorable aux partisans du Traité de Lisbonne, ne s’en sort pas si mal et deux surprises du chef, comme peuvent souvent en réserver la politique française en général et les scrutins européens depuis 1984 en particulier.
Ainsi Nicolas Dupont-Aignan arbore un large sourire. Il est parvenu à dépasser d’une courte tête les listes UMP en pleine déconfiture que même le ralliement de Philippe de Villiers, reçu en grande pompe à l’Elysée en mai, n’a pas pu enrayer. Quant à Jean-Luc Mélenchon, qui plastronne avec un sourire narquois aux lèvres sur France 2, il réussit le tour de force de s’approcher à moins de deux points d’un parti qu’il n’a quitté que six mois auparavant.Dans un paysage politique plus éclaté que jamais,
-le PS arrive en tête avec 15 %, suivi de
-Debout la République avec 14,1.
-L’UMP recueille 13,9 %,
-le parti de Gauche 13,2,
-le MoDem 11,8,
-le Front National se maintient à 8,4,
-le NPA fait un score décevant avec 6,3,
-les Verts recueillent 5,4,
-Lutte Ouvrière et l’inconnue Arthaud reviennent du diable vauvert en talonnant Besancenot et Cohn-Bendit avec 4,3.
Enfin, les chasseurs profitent de l’absence de Villiers et obtiennent 3,2 %.
Une myriade de plus petites listes se partagent les 4 points et quelques poussières restants.
Evidemment, les éditorialistes s’associent aux leaders des grands partis pour fustiger le vote des Français qui balkanise ainsi davantage la politique française et la rende incongrue aux yeux de ses partenaires européens. Qu’importe si les résultats enregistrés dans les autres pays européens comportent des similitudes qu’ils ne se sont d’ailleurs pas donné la peine de lire. L’essentiel est de décrédibiliser ce scrutin qui souvent fait place au populisme plutôt qu’à la raison.
Seul, Jean-François Kahn, qui menait la liste MoDem du Grand Est mais qui reste viscéralement éditorialiste dans l’âme, fait l’analyse suivante :” Il ne s’agit pas d’un résultat populiste ni anti-européen [...] Bayrou fait un bon score [...] Besancenot qui est un vrai populiste et à qui on prévoyait monts et merveilles fait un score décevant [...] Dupont-Aignan et Mélenchon avaient des discours construits, argumentés et même parfois chiants, et ils sont la surprise du scrutin [...] C’est la défaite des paillettes et du strass, c’est la victoire du sérieux, de la réflexion et de la proposition [...].Voilà le scénario que nous pourrions souhaiter pour 2009.Un sarkozysme qui s’écroule, et avec lui ses héritiers clones publicitaires et d’agit’com’ (l’agit’prop’, c’est trop ringard pour eux ! ) Bertrand et Copé ; Le PS itou, divisé entre la communicante Ségo –Sarko en fille– et l’alliance de la carpe Aubry et du lapin Hamon ; les bêtes de télé, Besancenot et Cohn-Bendit renvoyés à leurs chères études ; le maintien d’une force, de droite libérale mais sérieuse, le MoDem qui a la volonté d’expliquer et de convaincre de ses – fausses – analyses ; la montée en puissance, enfin, de deux forces menées par des hommes en rupture de leur camp et qui ont pris des risques énormes pour mettre à la disposition des Français des alternatives d’offre politique.
Le sérieux, le désintéressement, la conviction qui l’emportent ?
Rêveur ! Me dira-t-on.
C’est possible.
Mais tellement souhaitable.