samedi, mars 28, 2009

Paul-Marie Coûteaux : pourquoi je récuse Libertas

Mémorandum à l'attention de mes amis, cadreset militants du Mouvement Pour la France.

Ma décision de refuser de courir, lors des prochaines européennes, sous les couleurs de l'organisation paneuropéenne Libertas suscite des interprétations si diverses que je me sens tenu de développer les faits et les raisons qui l'ont motivée. L’essentiel de « l’affaire
libertas* » s’étant déroulé à Bruxelles, et peu d’informations vous en ayant été données, je le ferai de façon détaillée, récapitulant notamment plusieurs lettres envoyées à Philippe de Villiers sur ce sujet, et vous donnant toutes les explications que j’estime vous devoir.

1. La réunion du groupe « Indépendance et Démocratie » du 18 février.
Comme vous tous, j’ai d'abord trouvé intéressante l'idée d’assortir le nom de nos listes d'une estampille dénommée Libertas, signalant aux électeurs qu’un lien existait à travers l’Europe entre les opposants à la supranationalité. L'engagement de Declan Ganley dans la campagne du Non en Irlande constituait à cet égard une indication favorable. En octobre dernier, j’ai signé, à la demande de Patrick Louis, un engagement dans Libertas, qui se présentait alors comme un simple label.
Dans le courant de l’automne, des rencontres régulières eurent lieu à Bruxelles entre Philippe de Villiers, Declan Ganley, Patrick Louis et Christophe Beaudouin, rencontres auxquelles je ne fus pas associé. Je m’ouvris de temps en temps auprès de Philippe de Villiers des réticences que M. Ganley suscitait parmi les membres de notre groupe Indépendance et démocratie (dont je suis vice-président). En janvier, le président de notre groupe, Nigel Farage, chef de file des députés britanniques UKIP - United Kingdom Independance Party (18,5 % en 2004) - me dit que, n’ayant pu s’entendre avec M. Ganley qu’il jugeait être un «fédéralist», il était scandalisé que Libertas eu. présente partout des candidats contre les siens, au risque de les faire battre. Un point irritait spécialement mes collègues britanniques, le vœu réitéré de M. Ganley de faire élire au suffrage universel un Président de l'Union européenne, le même jour dans tous les pays. Je ne pouvais que partager ces craintes, d'autant que, sur ces entrefaites, j'avais entendu M. Ganley tenir le même propos lors d'une conférence de presse à Bruxelles, propos assorti d'autres sur la Turquie à l'adhésion de laquelle il se montrait favorable, sur le thème « plus nous serons nombreux, plus nous serons forts ». Je rapportais ces propos à Philippe de Villiers, qui m’assura que, Libertas ne se substituant pas à nous, nous tiendrions en France le langage que nous entendions - d’ailleurs celui qu'entendent et qu'attendent nos électeurs.
De nouveaux épisodes augmentèrent mes préventions : des députés italiens ou polonais se plaignaient notamment de dissensions que Libertas eu. alimentait dans leur pays en mettant en quelque sorte aux enchères le fameux label entre plusieurs partis. Nos collègues hollandais refusèrent tout net tout contact avec M.Ganley, n’imaginant pas courir lors des élections européennes sous une bannière étrangère, et voulant protéger de toute accusation le Non de leur peuple à la Constitution Giscard, Non dont ils s’estiment dépositaires. Mais l’événement essentiel eut lieu le 18 février dernier, lorsque M. Ganley, après plusieurs reports, vint présenter le projet Libertas eu. en réunion plénière de notre groupe. Il commença par laisser pantois beaucoup de nos collègues en répétant : « notre but est que l’UE réussisse, et pour cela, il faut la rendre démocratique », discours fédéraliste typique - un « européisme à visage humain » dit un député polonais, qui s’y connait en communisme du même nom. Quand M. Ganley eut fini de parler, notre président répondit sèchement que « telles n’étaient pas nos positions ». La plus hostile fut la députée danoise Hanne Dahl, qui récusa tout de go, elle aussi, le parrainage de M. Ganley, estimant que le soupçon de financement étranger pourrait détourner les électeurs. Elle fit d’ailleurs un lien entre les sources très américaines, et militaires, du sémillant « milliardaire » et le fait qu’il se soit engagé au cours de la campagne irlandaise pour l’entrée de l’Irlande dans l’OTAN, jetant ainsi le trouble parmi les partisans du Non, en majorité favorables au maintien de la neutralité irlandaise - trouble dont notre collègue irlandaise Cathy Sinnot, qui elle aussi s’entend fort mal avec son compatriote Ganley, se fit aussi l’écho auprès de moi. Un député polonais s’emporta ensuite contre la position plusieurs fois exprimée par l’homme d’affaires en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’UE (il n’était pas encore revenu sur cette position comme il le fait en France, pour la galerie), et déclara refuser tout net le moindre compromis sur ce sujet. Une Polonaise s’étonna ensuite de certaines alliances nouées par Libertas dans différents Etats de l’Est avec des groupes plus ou moins contrôlables, s’inquiétant que cette enseigne commune puisse nous entraîner fort loin : qu’un candidat Libertas fasse ici ou là une bourde sur un sujet tant soit peu sensible, et la presse nous l’opposerait aussitôt. Notre députée suédoise lui reprocha d’introduire partout des divisions en présentant des listes dans des pays où il en existe déjà - Libertas tente en effet de présenter des listes dans les 27 pays, c'est-à-dire souvent contre les partis eurosceptiques existants. Au mot « eurosceptique », M. Ganley déclara que l’on ne pouvait être eurosceptique sur l’Europe ». A ma question : « Comment devons-nous nous nommer ? », il me répondit : « nous sommes pan-européens, nous devons être les vrai Européens », ce qui acheva de me plonger dans le désarroi.
Hanne Dahl me dit en a parte après la réunion que, si l'on voulait jeter la confusion et désorganiser les eurosceptiques à travers toute l'Europe, on ne s'y prendrait pas autrement. Elle me montra un exemplaire du magazine allemand Focus du 15 février, qui publiait un entretien avec D. Ganley (ils sont rares et parcimonieux), où celui ci disait textuellement qu’il était « favorable à l’entrée de tous les pays Européens dans l’OTAN ». Le Rassemblement pour l’Indépendance et la Souveraineté de la France (RIF) que je préside, et qui mène campagne contre le retour de la France dans le commandement intégré se déclara à son tour hostile à toute alliance avec Libertas. J’écrivis alors à Philippe de Villiers pour lui dire que je ne souhaitais pas endosser pareille étiquette, lui déclarant vouloir rester indépendant, (lettre du 20 février : « je tiens à dire solennellement que je n’en poursuivrai pas moins mon combat selon les voies qui me sont propres et dont je me sens entièrement libre »), et décidai d’enquêter plus avant sur M. Ganley et Libertas.

2. Qui est Declan Ganley ?
Né à Londres il y a 40 ans, il vint en Irlande lorsque ses parents s’y installèrent douze ans plus tard - mais garda la nationalité britannique. Plus tard, il épousera une citoyenne américaine et vit depuis lors à Washington D.C., tout en possédant en Irlande un manoir sur la devanture duquel flottent ensemble le drapeau irlandais et la bannière de l'U.E. Engagé en politique dès l’adolescence, il milita au Fianna Fail et soutint ardemment le Traité de Nice. Mais il se consacra assez vite aux affaires, accumulant en quelques années une immense fortune, qui lui valut dans Fortune le surnom de “Ganley le magnifique”. Dans les années 90, il se consacra d’abord au commerce de l’aluminium et du bois russes, achetant d’immense forêts dont il vendit le bois en “occident” du temps que la Russie désorganisée était ouverte à tous les appétits) ; puis il se consacra à la technologie des télécommunications, se spécialisant dans les “réseaux protégés” et la “téléphonie d’urgence”; M. Ganley est actuellement président - « Chief Exécutif » - de Rivada networks, entreprise dont Wikipedia précise qu’elle est « spécialisée dans les systèmes de télécommunications des armées » ; parmi les directeurs de Nevada Network, on trouve MM. James Loy, ancien secrétaire à la Sécurité intérieure, Denis Mac Carthy, ancien chef d’état major de la Marine, plusieurs dignitaires du Pentagone et diverses figures de ce qu’il est convenu d’appeler « le complexe militaro industriel ». Rivada Networks a ainsi obtenu plusieurs contrats du Gouvernement américain - d’abord pour la reconstruction de la Louisiane après Kathrina, puis un autre, avec une jeune entreprise implantée en Alaska, Nana Pacific, pour sécuriser les télécoms de la garde Nationale. En 2007, Rivada Networks, dont la stratégie n'est pas sans rappeler le modèle du fonds d'investissement Carlyle, recrute comme vice-président l'Assistant Secretary au commerce, à la communication et à l'information de G.W. Bush, John Kneuer.
A la fin des années 90, « Ganley International », créa un fonds, « The Anglo-Adriatic Investment Fund », sis en Albanie et destiné à « réaliser des investissements dans la région » - notamment au Kossovo, qui n’était point encore tout à fait "américano-indépendant". En Europe, M. Ganley a aussi pris un pied dans Broadnet - revendu depuis lors 50 millions d'euros, selon l'Irish Times. Pour accroître son influence, M. Ganley sponsorise un « forum pour la sécurité publique en Europe et en Amérique du nord », “think tank” où l’on réfléchit à la sécurité commune de l’Atlantique. Il a aussi créé sur notre continent plusieurs entreprises, souvent en partenariat avec des sociétés états-uniennes, dont une de téléphonie continentale, toutes choses qui ne le portent certes pas à l’hostilité envers les instruments de la supranationalité européenne. Il répète d'ailleurs « qu'il n'est pas raisonnable, quand on fait des affaires à l'échelle de toute l'Europe de devoir s'entendre avec 30 gouvernements », autre discours fédéral type...
Pour s'en tenir à sa fortune, je relève que, en septembre dernier, la conférence des présidents du Parlement européen demanda officiellement au Congrès américain des éclaircissements sur ses origines - demande à laquelle notre groupe politique s’est associé… Le Congrès américain répondit, comme il était à prévoir, par le traditionnel non possumus (“nous ne pouvons pas”)…

3. Qu'est ce que Libertas eu. ?
Un an après sa création, Libertas est assez doté pour louer de spacieux bureaux à Bruxelles où sont employés une quinzaine de permanents, sans compter les personnes appointées ailleurs. Les financements seraient assurés, selon M. Ganley, non par ses fonds propres, mais par des « donations », notamment « celles que l’on trouve sur le marché de l’art » a-t-il précisé dans son entretien précité au magazine Focus, ainsi que des « soirées de bienfaisance » (type « Found raising»), organisées on ne sait où, ainsi que dit-il, « des social events, comme l’a fait Barack Obama pendant sa campagne », ce qui, transposé en France, n’est pas très clair.
Sur son site, Libertas eu. se présente comme « un mouvement paneuropéen voué à la création d'une nouvelle Union européenne, démocratique et ouverte ». Je note au passage que ce mot « ouverte » consonne assez bien avec le refus réitéré, et obsessionnel, de M. Ganley de tout protectionnisme - de sorte qu’'il récuse même l’idée de préférence communautaire, et demande le démantèlement de la bête noire de l’OMC, la PAC - point qui m'a été rapporté mais que je n'ai pu vérifier, les déclarations diverses de M. Ganley étant plus souvent orales qu'écrites, et de surcroît à géométrie variable. Au fond, Libertas eu. milite pour une Europe supranationale que la démocratie et la « transparency » rendraient plus efficace, et qui serait ainsi le pilier européen d’une Union euro-atlantique, thème souvent évoqué par l’avocat d’affaires international, ancien chef de cabinet de François Léotard et ancien député UMP de Nice, présentement directeur de campagne de Libertas France, Jérôme Rivière (voir l’entretien accordé par celui-ci au Monde le 2 février 2005, où il dit sans ambages : « je suis un atlantiste », et, se réclamant explicitement de Jean Monnet, déclare « qu’il est pour un Non de droite parce qu’il faut plus d’Europe », toutes choses qui disent assez le point de confusion intellectuelle où nous en sommes arrivés). A noter que le thème de l’union euro-atlantique est souvent utilisé par le directeur de campagne des listes Libertas eu. - car il y a aussi un directeur de campagne à Bruxelles, celui-ci étant curieusement un Australien.
Pour finir sur Libertas, je relèverai deux anecdotes qui montrent que cette organisation est loin de se cantonner au rôle de label sous les traits duquel elle nous fut vendue. Lors d’un déplacement de notre groupe à Prague pour une audience auprès du président Klaus, le 4 mars, mon collègue tchèque Vladimir Zelezny m’expliqua qu’un différent était né entre Libertas eu. et lui à propos d’une de ses affiches de campagne sur laquelle il avait fait figurer en gros le nom de son parti et, plus petit dans un coin, le prétendu label Libertas. Il essuya un brutal rappel à l’ordre de Bruxelles (plus exactement du siège de Libertas eu) lui rappelant qu’il ne devait utiliser dans sa communication aucun autre nom que celui de Libertas - dont il se dit prêt, dans ces conditions, à se passer. A l’aéroport de Prague, un autre de mes collègues du groupe, le Danois Niels Lungreen, me raconta que, « la base » de son parti (le Mouvement de Juin), ayant récusé à une très large majorité l’accord avec M. Ganley, principalement pour ne pas être pas accusé de recevoir l’aide d’un milliardaire américain - on sait que, dans tous les pays du monde, il est assez facile de financer une campagne électorale par des voies détournées, ne serait-ce qu’en abondant le compte de certains candidats, ou en fournissant des « services », ce dont ces souverainistes-là ne voulaient pas être soupçonnés. Or, peu de temps après, l’état major du « Mouvement de juin » se vit proposer par un délégué de Libertas eu. la somme de 900 000 euros pour accepter malgré cela le fameux « label ». Bien étrange label dont il faut payer les bénéficiaires pour qu’ils l’acceptent…

4. Que va devenir le MPF ?
Vous n’avez pas reçu grande information sur l’accord avec Libertas que vous avez, selon le mot utilisé dans un article du Figaro en date du 9 mars dernier, « entériné » lors du (très court) « Conseil national » du samedi 7 mars dans les locaux de « Libertas France » - entériner serait beaucoup dire, selon la relation que plusieurs présidents de fédération m’en ont faite ensuite (deux d’entre eux me disant dans les même termes, sans certainement se consulter, que « le MPF était le dernier parti bolchévique d’Europe »), d’autant que les trois seules personnes qui ont osé intervenir se sont entendu répondre que quiconque avait des objections serait mieux avisé de rester chez lui. Sans doute, aurai-je dû vous informer plus tôt de mes scrupules : mais, outre que je ne me suis résolu qu’au mois de février à me dégager de toute référence à la si mal nommée Libertas, et que j’ai longtemps cru qu’il serait possible de laisser ce label dans un coin, je ne voulais pas, en laissant circuler trop d’informations, prendre le risque de porter à la connaissance de nos concurrents de juin des arguments qui pourraient se retourner contre nos candidats. Par dessus tout, j’ai longtemps pensé pouvoir faire comprendre à M. de Villiers le piège dans lequel son nouvel entourage le précipitait –ce piège qu’ont déjoué nos collègues les uns après les autres ; je pensais que le président du MPF était de taille à se dégager (après tout, lors des dernières européennes, notre directeur de campagne était, encore en mars, Aymeric Chauprade...). C’est ainsi que j’écrivis ces dernières semaines plusieurs lettres à Philippe de Villiers, dont, respectant les hiérarchies, je donnai copies à Patrick Louis, secrétaire général du MPF - lequel me répondit chaque fois avec une demi-approbation embarrassée, me conseillant de rester tranquille pour ne pas perdre mon siège », conseil de bonne mais courte vue : du moins un conseiller s’appliquait-il pour une fois à lui même le conseil qu’il donnait aux autres.
Dans la dernière lettre que, dictée de Prague le 3 mars, j’adressais à Philippe de Villiers, je lui disais : « Cher Philippe, je vous demande d'ouvrir les yeux ; Declan Ganley et son traducteur en français n'ont, au mieux, rien à voir avec le souverainisme : c'est le vieux discours UDF qu’on veut nous faire endosser - raison pour laquelle vient d‘être nommée au service de presse de campagne une nouvelle venue chargée de « l’argumentaire », comme si, d’argumentaire, nous étions dépourvus. Philippe, je vous demande de vous reprendre et de changer votre dispositif de campagne, tant qu'il en est encore temps. Le MPF est constitué de femmes et d'hommes conscients des enjeux politiques, dévoués et remarquablement fidèles, bien que vous ne les connaissiez et les rencontriez que fort peu. Comment voulez-vous qu'ils endossent tout à coup, après un si long temps d'interrogations et de silence, un discours si éloigné de celui qu'ils ont élaboré, défendu, tenu avec vous pendant si longtemps ? Je regrette d'ailleurs qu'on paraisse vouloir les laisser à l'écart ces temps-ci, au point que le site Libertas eu. a fait paraître en février cette curieuse annonce “Pour la France, Libertas recherche des candidats de haut niveau pour les élections de juin 2009” ; c’est à rêver ! Ces candidats d'un nouveau type seraient, aux dernières nouvelles, présentés avec tous les candidats Libertas d'Europe à Rome, le 25 mars prochain pour fêter l'anniversaire du Traité de 57. La chose est d'autant plus incongrue que l'on songe, au siège de Libertas eu. (qui décidemment prend toute la campagne en mains), à vêtir tous ces candidats de T-shirts orange où serait écrit : " A new Team For Europe" ! Cher Philippe, je n'ai pas écrit ce que j'ai écrit depuis Maastricht pour célébrer à Rome dans cet accoutrement le traité de Jean Monnet. Ouvrez enfin les yeux : il me paraît probable que les forces qui s'emparent de vous soient celles-là même qu'Alexandre Varaut dénonçait comme ourdissant un complot contre vous dans le si mauvais procès qui vous accable et accable votre famille depuis deux ans. Sortez de ces remugles ! Vous comprenez mon souci de m’ouvrir à vous, ne serait-ce que pour que vous soyez conscient de tous les éléments de la situation. Croyez bien, cher Philippe, que je le fais comme toujours dans un esprit de fidélité et d’indépendance, c‘est-à- dire de confiance».
J’obtins pour toute réponse un coup de téléphone me demandant de ne pas me rendre au Conseil national du 7 mars, et la proposition de dîner à Strasbourg le 9 mars. Du moins donnai-je, en prévision de ce Conseil, quelques informations à certains de mes amis cadres du MPF (dont tous les présidents de fédération de l’Ile de France dont je suis l’élu), et dinai le 6 mars au soir avec Edouard Delorme, dîner auquel Jean-Louis Millet devait se joindre. Puis, vint le dîner de Strasbourg ; l’atmosphère était rendue lourde par la parution le matin dans le Figaro d'une information selon laquelle la liste dite Libertas en Ile de France serait confiée à Jérôme Rivière, ce qui m’étonna, car cette information était contraire aux assurances que m’avait constamment données M. de Villiers. Je savais certes « JR » assez lié à M. Ganley pour avoir été nommé directeur de la campagne, mais demandai à Philippe de Villiers de désavouer cette curieuse annonce de candidature. Il me répondit qu'il ne le pouvait pas, Patrick Louis finissant par admettre qu'elle venait en effet directement de… Libertas eu. : ainsi, c’est de Bruxelles qu’on annonçait désormais nos candidats, le MPF ayant bel et bien disparu ! Je dis alors que, si le MPF et son président restaient les jouets d’une manipulation honteuse, je sortirai des équivoques en annonçant dès le lendemain ma candidature, partant enfin en campagne, devoir naturel et légitime d’un député sortant qui n’entend pas se retirer. Conscient que certains esprits bas de plafond présenteraient mes préventions publiques contre l’opération Libertas comme consécutives au dépit d’être écarté, alors que la vérité était exactement inverse, conscient aussi des campagnes et contre-feux auxquels je m’exposais, je n’en pris pas moins mes résolutions dans la nuit.
Je demande à présent aux présidents de fédération du MPF d’ouvrir les yeux et de s’informer : si le MPF ne le faisait pas, il disparaitrait tôt ou tard, et avec lui les principes de la souveraineté nationale qu’il incarne. Au reste, les souverainistes ont-ils besoin de Libertas ? S’il s’agit d’obtenir un financement, je rappelle que la chose est interdite, tout camouflage, s’il est hélas possible (et, je crains bien, envisagé), nous exposant à de lourdes rétorsions : en somme, nous aurons le soupçon sans avoir la chose. De surcroit, ce prétendu « label » est d’ores et déjà démonétisé, les candidats recrutés par internet à travers l’Europe pouvant à tout moment le rendre fort toxique : en un mot, c’est un boulet, et l’opération Libertas est un échec ; en France, elle le sera d’autant plus que nos adversaires et concurrents, de part et d’autre, glosent sur l’étonnante bannière étrangère sous laquelle les souverainistes français font campagne, ce qui en effet contrarie notre message à angle droit. Des députés de notre groupe sont requis pour apporter des témoignages sur « le piège Libertas ». Dans le contexte présent, où d’ores et déjà deux listes opposées à la supranationalité sont (malgré tous mes efforts) entrées en concurrence, il est certain que, à moins de changer de stratégie, aucun candidat Libertas ne sera élu (sinon Philippe de Villiers), et que, en particulier, le siège d’Ile-de-France, dont je m’estime comptable, nous échappera –il n’est même pas sûr que tout candidat Libertas dans cette région obtienne 3%. L’heure n’est pas à la passivité ; il est encore temps ; mais ce temps presse. A tout le moins, je suggère qu’un authentique Conseil national se réunisse et, après une véritable information, réexamine sérieusement l’accord avec l’équivoque Libertas.
Mettons nous en campagne, sans attendre que soit prête cette opération Libertas Europe qui est loin de l’être. Pourquoi ceux qui ont le plus à dire sur l’Europe se condamneraient-ils à se taire, alors qu’une occasion leur est donnée de prendre la parole ? La situation n'est pas mauvaise aujourd'hui pour ceux qui ont su, comme nous, dénoncer un échafaudage supranational qui partout vacille. Si nous savons illustrer haut et clair le discours qui fut le nôtre sur l’Europe (compétence générale des Nations/Coopération organisée entre Etats souverains), nous attirerons à nous bien des Français, si déboussolés par ce qu’il est convenu d’appeler la crise et qui, sans une politique nationale hardie, pourrait devenir une longue et irrémédiable décadence. Dans ces circonstances, cherchons donc l'union avec l’ensemble des forces authentiquement nationales plutôt qu'avec de mystérieux magnats : il est encore temps de faire un excellent résultat en juin, de sauver le MPF tant qu’il en est encore temps, et de faire en sorte qu’il joigne ses forces aux efforts du Rassemblement pour l’Indépendance et la Souveraineté de la France (RIF), organisation que j’ai l’honneur de présider et qui vous est proche, pour réaliser l’unité des opposants à la supranationalité, à l’intégration de la France dans l’Union européenne et dans l’OTAN, c’est à dire, en fin de compte à la désagrégation de l’Etat, de la Nation et finalement de la Civilisation française.


C’est dans cet esprit, et dans cet espoir, que je vous prie de me croire votre amicalement et fidèlement dévoué,

jeudi, mars 26, 2009

D.Villepin- OTAN : "Le risque, c'est un rétrécissement de notre ambition"

Le gouvernement a engagé sa responsabilité devant l'Assemblée nationale, mardi 17 mars, sur une déclaration de politique étrangère. Il évite ainsi un vote sur la réintégration par la France du commandement intégré de l'OTAN décidée par Nicolas Sarkozy. Dans le Monde du 16 mars, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin critique cette décision.


Pourquoi êtes-vous hostile à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN ?
On a présenté cette décision comme le résultat d'un processus continu de régularisation. Ce n'est pas mon point de vue. Au fil des années, nous avons pris, c'est vrai, des initiatives pour maximiser la contribution de la France au fonctionnement de l'OTAN, mais avec toujours le même souci : préserver notre position originale et singulière au sein de l'organisation. Ce qu'on nous propose aujourd'hui est une rupture politique et symbolique.

Vous voulez absolument être le défenseur du gaullisme ?
Je m'exprime moins au nom d'une fidélité ou d'une doctrine qu'au nom d'une expérience et d'une conviction. L'OTAN ne doit pas devenir une ONU bis ou le bras armé de l'Occident.

M. Chirac avait envisagé cette réintégration lorsque vous étiez secrétaire général de l'Elysée.
Oui, mais c'était en 1995, dans un contexte très particulier, juste après la chute du mur de Berlin, l'effondrement de l'URSS et la fin de la guerre froide. Les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak ont changé la donne. Le concept de "guerre contre le terrorisme" est une aberration. La peur a conduit à renouer avec la dangereuse logique des blocs. La position originale de la France permettait de la contrecarrer. Même en 1995, je n'étais pas personnellement favorable à cette réintégration, car j'ai toujours pensé que l'indépendance de la France était intimement liée à notre singularité et à notre vocation diplomatique de pont entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud. La France n'est pas un pays comme les autres du fait de son histoire, de sa présence outre-mer, de son statut de membre du Conseil de sécurité. Tout cela nous confère des devoirs et des responsabilités, comme nous avons pu le faire en Irak. Le risque qui nous guette, c'est un rétrécissement de notre ambition et une banalisation de la voix de la France, alors même que l'affirmation de notre spécificité constituait un élément de notre identité et une garantie de protection.

Si la France avait réintégré le commandement militaire de l'OTAN, elle n'aurait pas pu avoir un message fort sur l'Irak ?
Dans cette crise, il y a eu deux aspects. L'un, consensuel, a consisté à ne pas envoyer de troupes en Irak ; l'autre, beaucoup plus audacieux, a été d'empêcher les Etats-Unis, nos très proches alliés, d'utiliser la légitimité onusienne pour valider la guerre. Nous avons mené un combat et cherché à convaincre nos partenaires qu'il y avait un risque majeur d'affrontement avec le monde arabe et l'islam. C'était le devoir de la France d'éviter ce choc entre l'Orient et l'Occident. Beaucoup d'hommes politiques ne nous suivaient pas et plaidaient pour que la France ne fasse pas de vagues. Je crains que, désormais, nous ne puissions plus nous autoriser cette audace.

Le contexte a changé. N'est-il pas temps d'évoluer ?
Je ne veux pas faire de procès d'intention à Nicolas Sarkozy. Nous aurons très vite l'occasion de vérifier si nous sommes capables ou non de préserver une position originale. Ainsi en Afghanistan, Barack Obama a décidé d'augmenter la présence militaire américaine. Saurons-nous faire prévaloir notre propre vision ? En 2001, les choses étaient claires, il s'agissait de lutter contre un sanctuaire du terrorisme ; aujourd'hui, l'échec est patent. La présence de troupes étrangères coalise contre elles une grande partie des forces de ce pays. J'estime qu'il n'y a pas de solution militaire et qu'il faut entrer dans un processus de désengagement, couplé avec une nouvelle stratégie régionale et un fort soutien économique et social.

Ne faut-il pas renoncer à la singularité française, qui irrite nombre de nos partenaires, pour relancer l'Europe de la défense ?
Le président de la République fait ce pari. Je crains que l'inverse ne se produise. Dans l'immédiat, le signal que nous donnons est un renforcement atlantique dont la politique européenne de défense n'est qu'un élément marginal. Là encore, les tests concrets viendront très vite. Quid de l'agence européenne de défense ? De la constitution d'un état-major européen ? De la création d'une force d'intervention rapide qui était censée atteindre l'objectif de 50 000 à 60 000 hommes ? Nous en sommes extrêmement loin.

M. Fillon a-t-il raison d'engager la responsabilité du gouvernement sur ce sujet ?
D'un côté, il reconnaît l'importance du sujet ; de l'autre, il limite la liberté d'expression de la majorité en déplaçant la question. Ce n'est plus un vote pour ou contre la réintégration mais pour ou contre le gouvernement. La question mérite pourtant un débat de fond au-delà des clivages partisans. Je déplore que vole en éclats le consensus qui existait sur notre politique de défense. Tout cela me paraît malvenu en période de crise. Concentrons-nous plutôt sur l'essentiel : la réponse économique et sociale aux inquiétudes et souffrances des Français. Je crains que l'action du président de la République ne soit entachée aujourd'hui d'une trop grande dispersion et de confusion.

Que devrait-il faire ?
Revenir à un équilibre institutionnel plus conforme à notre Constitution et à nos traditions. Nous avons besoin d'un président qui défende une vision, soit capable de rassembler. En se substituant au premier ministre, il a du mal à jouer ce rôle de sage attaché à sa fonction. Et il prend le risque de voir sa légitimité contestée. Par la force des choses, le mécontentement se tourne vers celui qui semble détenir tous les leviers et prendre toutes les décisions. Dans ce contexte, s'ouvrir à des personnalités fortes, capables de marquer un rassemblement plus large, serait un bon signal. La majorité ne manque pas de talents désireux de servir, à l'image d'Alain Juppé.

Faut-il changer de politique ?
Il faut rassembler le pays autour de ses valeurs fondamentales : l'indépendance, les principes républicains, le sens de l'intérêt général. C'est nécessaire pour retrouver la confiance des Français. Cela ne relève pas d'une simple stratégie de communication. Il faut reconnaître certaines erreurs commises sur le plan institutionnel et politique et en tirer les leçons. C'est en faisant preuve d'écoute et d'humilité que l'on peut avancer.

Cela veut dire en finir avec la rupture ?
La rupture était une erreur. Elle a été un moyen de conquête mais elle ne correspond pas à la réalité du pays et, aujourd'hui, en temps de crise, elle est devenue dangereuse. On a le sentiment qu'il y a une idéologie au pouvoir qui obscurcit la capacité à avancer en rassemblant. Seul doit prévaloir l'intérêt de la France et des Français.

mardi, mars 24, 2009

OTAN : "Beaucoup de pays attendent de la France autre chose qu'un alignement"

"Pour beaucoup de pays dans le monde, la décision de la France de rejoindre le commandement intégré de l'OTAN est symbolique d'un renoncement français à une certaine autonomie de pensée et d'action dans les relations internationales", estime Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, dans un chat au Monde.fr

dimanche, mars 22, 2009

Face à l'OTAN, la Russie veut réarmer massivement


Le président russe, Dmitri Medvedev, a ordonné, mardi 17 mars, un réarmement "à grande échelle de l'armée et de la marine russes" de son pays à partir de 2011 pour faire face notamment à des "tentatives incessantes de l'OTAN de développer son infrastructure militaire près de la Russie"."L'analyse de la situation politico-militaire dans le monde a montré qu'il restait un potentiel de conflit sérieux dans certaines régions, alimenté par des crises locales et les tentatives incessantes de l'OTAN de développer son infrastructure militaire près de la Russie", a ajouté M. Medvedev lors d'une réunion avec des hauts représentants du ministère de la défense."La principale tâche est d'augmenter la capacité de combat de nos forces, avant tout celles de nos forces stratégiques nucléaires", afin d'être "capables de remplir toutes les tâches indispensables pour assurer la sécurité de la Russie", a-t-il souligné. Evoquant la courte guerre avec la Géorgie l'été dernier, M. Medvedev a estimé que les forces armées russes avaient "bien réagi", mais que ce conflit avait mis en exergue "nos faiblesses".Ces déclarations interviennent alors que les relations entre la Russie et les Etats-Unis se sont réchauffées depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, après une période très difficile lors de la fin de règne de l'ancien président américain, Geroge W. Bush.

mardi, mars 17, 2009

NDA à la pointe du débat parlementaire sur le retour de la France dans l’OTAN

Débat parlementaire sur le retour de la France dans le Commandement militaire intégré de l’OTAN Mardi 17 mars 2009

Intervention de Nicolas DUPONT-AIGNAN

Nous vivons mes chers collègues un moment rare, très paradoxal de notre vie parlementaire. Le Premier ministre nous explique que le retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN est un non évènement et pourtant il engage la responsabilité de son gouvernement afin de museler sa propre majorité.

C’est bien la preuve, et nous le savons tous ici, que ce retour constitue une décision fondamentale pour l’avenir de notre pays.

Ce retour est incongru et dangereux.

Incongru car personne ne le demandait, pas même les Etats-Unis.
Le président de la République s’y était-il engagé devant les Français pendant la campagne présidentielle ? NON

Les parlementaires de la majorité l’exigeaient-ils ? Pas davantage.

La France était-elle jusqu’à présent empêchée d’agir sur les différents théâtres d’opérations ? NON, les faits le prouvent.

Le Président OBAMA a-t-il donné des assurances sur la mise en œuvre de la codécision dont a rêvé à voix haute le Président de la République dans son discours de l’école militaire ? NON.
Et ce ne sont pas les deux commandements secondaires de Norfolk et Lisbonne qui changeront la nature de l’organisation militaire. Cela, pardonnez-moi mes chers Collègues de le dire sans aucun fard, cela s’appelle des hochets.

On nous dit que nous aurons plus de poids à l’intérieur pour réformer l’Alliance, mais pourquoi signer un chèque en blanc, pourquoi ne pas obtenir d’abord une réforme et ensuite décider en pleine connaissance de cause ?

Evidemment, c’est là le véritable enjeu : le Général de Gaulle avait déclaré en 1966 « la volonté qu’a la France de disposer d’elle-même est incompatible avec une organisation de défense où elle se trouve subordonnée ».

Il avait raison : nous ne serons ainsi dans ce commandement intégré qu’un subordonné de plus. Or, en quoi l’addition d’un subordonné de plus, parmi d’autres subordonnés, fera-t-elle progresser l’Europe de la défense ?

Tout au contraire, cette décision de la France tue l’idée même d’une Europe indépendante puisque le seul pays, le nôtre, qui pouvait être le levain de la pâte, s’enferme dans un rôle de sous-traitant et de supplétif de l’OTAN.

Preuve en est : avant même que cette décision soit formellement prise, le gouvernement a annoncé que les renforts français qui seront envoyés en août prochain en Afghanistan, seront directement placés sous commandement américain. Où est donc l’indépendance renforcée de la France qu’a invoquée Nicolas Sarkozy ?

Dans ces conditions, comment accepter de voir notre pays sans aucune contrepartie se priver d’une telle carte, c’est-à-dire renoncer à sa singularité, l’un de ses atouts majeurs dans le monde avec son siège à l’ONU ?

En définitive en abandonnant « notre différence » pour des chimères, en lâchant la proie pour l’ombre, vous allez donner votre accord à un véritable marché de dupes.

Mais « cette fameuse différence », cette certaine idée de la France, que tous les présidents de la République successifs ont su, à leur façon, incarner, Nicolas Sarkozy y tient-il vraiment ?

L’évolution de notre politique étrangère, la jachère aggravée de la francophonie, l’engagement dans le bourbier afghan, ce retour précipité dans l’OTAN, permettent d’en douter.

D’ailleurs le Président ne s’en cache pas. Il ne cesse d’affirmer « son appartenance au camp occidental ». Mais la France pourrait parfaitement être solidaire des Etats-Unis sans épouser obligatoirement en toute circonstance leur lecture du monde.

Ce retour dans le commandement militaire intégré est, à cet égard, un contresens historique majeur.
La question est simple : veut-on définitivement faire de l’OTAN le bras armé de l’Occident ou, au contraire, imaginer une nouvelle organisation de défense, partenaire des Etats-Unis mais non plus placée sous leur hégémonie, qui parle au monde avec sa voix propre ?

Au moment où la vision d’un monde multipolaire imaginé par le Général de Gaulle en pleine Guerre froide se fait jour devant nous, la France met un peu plus le doigt dans l’engrenage de guerres qui ne sont pas les siennes, la France abime son image.

La France renonce à sa part de liberté. Oui, la France renonce à être le trait d’union entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud.

Quel gâchis !
Car, comme le disait encore le Général de Gaulle : « la politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit ».

Mais la faute n’est pas seulement stratégique, elle est aussi politique. Car cette rupture va fragiliser un peu plus notre cohésion nationale. C’est bien parce que la France menait une politique indépendante des Etats-Unis qu’un exceptionnel consensus s’était, au fil du temps, forgé dans notre pays autour de nos armées, en faveur de l’effort de défense.

Or, sans effort de défense, il n’y a pas de pays libre, maître de son destin.

Mes chers Collègues, vous ne servez pas le gouvernement que vous soutenez en le laissant commettre une telle erreur.

Voilà pourquoi, Monsieur le premier Ministre, mettant en jeu la responsabilité du gouvernement sur la politique étrangère et de défense, vous m’obligez à vous retirer, à regret, ma confiance.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président de Debout la République

lundi, mars 16, 2009

OTAN : DLR se mobilise pour défendre l’indépendance nationale

En imposant aux députés un vote de confiance sur la politique étrangère globale de notre pays, le gouvernement démontre clairement qu’il a peur d’être minoritaire au Parlement sur la réintégration complète de la France dans le commandement militaire de l’OTAN. C’est notamment ce qu’a souligné NDA, à l’antenne de RFI et France Inter, soulignant un véritable contresens historique, décidé sans nécessité ni contrepartie. Pour défendre la politique d’indépendance nationale que menace aujourd’hui la politique signez et faites signez la pétition.

voir le lien ci-dessous.

http://www.debout-la-republique.fr/OTAN-DLR-se-mobilise-pour-defendre.html

samedi, mars 14, 2009

NON à l'OTAN - OUI à une FRANCE LIBRE

Par Nicolas Dupont-Aignan
La décision de réintégrer complètement le commandement militaire de l’OTAN est contraire à l’intérêt de la France, sans pour autant faire progresser « l’Europe de la défense », qui en l’occurrence n’est qu’un prétexte - sauf à considérer que cette « Europe de la défense » a vocation à être un sous-ensemble de l’imperium américain.
A cet égard, le discours agressif et péremptoire que Nicolas Sarkozy a prononcé hier à l’école militaire constitue un monument de mauvaise foi et de contrevérités : une fois de plus, au lieu d’assumer devant les Français sa volonté de rompre avec le consensus national sur l’indépendance française, il s’est livré à un invraisemblable exercice d’autojustification, allant jusqu’à laisser entendre que le général de Gaulle aurait soutenu sa politique.
Il n’y a pas lieu ici de démêler l’intégralité de ce tissu de sophismes et d’arguments spécieux, un seul exemple suffira : Nicolas Sarkozy a prétendu que la réintégration de la France renforcerait son influence au sein de l’OTAN et son indépendance sur la scène internationale. Mais au même moment, le ministre de la Défense annonçait l’envoi de nouveaux renforts français en Afghanistan (prévu pour août prochain) qui seront entièrement placés sous commandement américain. Belle illustration, en vérité, de ce prétendu surcroît d’indépendance !
Une autre déclaration, passée relativement inaperçu, mérite aussi d’être relevée : le président de la République a avoué, contrairement à toutes ses déclarations antérieures, que la Constitution européenne et son clone de Lisbonne enferment bel et bien la France et l’Europe dans une subordination obligatoire à l’OTAN et, donc, aux Etats-Unis. Une preuve supplémentaire qu’il ne faut pas trop souvent prendre au pied de la lettre les assurances données par le locataire de l’Elysée.
La gémellité de l’Europe de Bruxelles et de l’alignement sur les Etats-Unis n’est pas, pour nous, une surprise. Nous la dénonçons avec constance depuis plusieurs années. La pétition nationale que lance aujourd’hui Debout la République contre la réintégration complète de la France dans l’OTAN est à cet égard en parfaite cohérence avec notre engagement dans les élections européennes de juin.
Sans ambiguïté, sans compromission aucune avec qui que ce soit, en nous appuyant sur nos seules forces et nos seuls moyens, nous proposerons ainsi une voie alternative nette, franche et globale pour enfin remettre l’Europe sur ses jambes et permettre ainsi à la France de se redresser.

lundi, mars 09, 2009

PRISONNIERS DE L'EURO

La Grèce, l'Espagne ou l'Italie pourraient-elles être tentées de quitter la zone euro pour retrouver davantage de marges de manoeuvre, notamment en dévaluant leur monnaie ?
La construction monétaire européenne n'a pas envisagé de clause de sortie, et cette hypothèse correspondrait à un cataclysme.
Je ne vois pas l'intérêt qu'aurait la Grèce à restaurer la drachme : le pays serait confronté à une crise de change, à une forte remontée des taux d'intérêt et à une crise bancaire, sous l'effet d'une fuite des dépôts. Les conséquences économiques et sociales seraient dramatiques. Athènes devrait aller mendier un prêt au Fonds monétaire international (FMI), se soumettre à ses conditionnalités et mettrait longtemps à restaurer sa crédibilité, explique Bruno Cavalier, économiste en chef de la société de Bourse Oddo.
Et une simple dévaluation ne réglerait pas tous les problèmes.
Au contraire, elle les aggraverait avec un coût de l'argent et une inflation plus forts. Le pays devrait soit rembourser sa dette en euros, ce qui serait impossible avec une drachme dévaluée, soit la convertir en drachmes, ce qui revient à un défaut de paiement identique à celui qu'a connu l'
Argentine avec la crise du peso.
'LA PESTE OU LE CHOLÉRA'
Une sortie serait donc un échec terrible : 'Il faut tout faire pour l'éviter et pour cela que la récession soit la plus courte possible', explique Marc Touati, directeur des études de la société de Bourse Global Equities. 'Si elle dure longtemps et se transforme en crise sociale, un pays comme la Grèce pourrait avoir à choisir entre la peste et le choléra', et être tenté de ne pas rembourser sa dette.
Mais les Etats de la zone euro n'ont rien à gagner à laisser couler l'un de leurs partenaires. 'Si un pays a des difficultés, les quinze autres auront intérêt à l'aider. Tout le monde est dans le même bateau', souligne Sylvain Broyer, responsable du département d'économie de Natixis.
Certes, ni la Commission européenne ni les autres pays membres ne sont tenus d'honorer les dettes d'un Etat défaillant. Mais ils peuvent lui porter secours : 'La manière de comprendre et d'interpréter les règles européennes évolue', note Bruno Cavalier. Si une émission de dette publique échoue, 'des solutions existent, comme une intervention coordonnée des Etats de la zone euro, de la Commission et du FMI', explique Natacha Valla, économiste de Goldman Sachs
Plusieurs modalités d'intervention ont été avancées - garantie sur les emprunts, emprunt européen... Ayant des moyens limités, les Etats devraient aussi faire appel au soutien du FMI, qu'on est plus habitué à voir intervenir auprès des pays émergents. Mais "il n'y a aucune raison d'avoir une aversion à l'égard d'un soutien conjoint du FMI à l'égard d'un membre de l'Union monétaire : chaque année, les pays de la zone euro lui apportent leur contribution afin qu'il joue son rôle d'assurance", note M. Broyer.
Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale s'est dite prête à acheter directement des emprunts du Trésor américain. "La Banque centrale européenne (BCE), en revanche, n'a pas le droit d'acheter directement la dette émise par les Etats de la zone euro. Elle peut contourner cette contrainte, en achetant des titres publics sur le marché mais elle ne semble pas encline à le faire : cela ne correspond pas à l'esprit du traité de Maastricht", explique Mme Valla. "Elle pourrait toutefois acheter des titres privés pour soutenir le financement de l'économie", ajoute-t-elle. Ce serait déjà une contribution à la sortie de crise.

LeMonde.fr

samedi, mars 07, 2009

Non à la France du renoncement !

par Nicolas Dupont-Aignan - Le Monde (20.02.09)

"Sans en avoir dit le moindre mot durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a solitairement décidé le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, dont l'avait sortie le général de Gaulle en 1966.
Il avance trois arguments, mais aucun ne résiste à un examen sérieux. En premier lieu, la disparition de la menace soviétique justifierait ce retour dans l'OTAN. Argument bien étrange : la fin du pacte de Varsovie aurait dû, au contraire et depuis longtemps, permettre la redéfinition de l'Alliance atlantique dans le sens d'une émancipation de la défense européenne, certes partenaire des Etats-Unis, mais non plus sous tutelle. Devant la commission de la défense à l'Assemblée nationale, mardi 17 février, MM. Morin et Kouchner eux-mêmes ont d'ailleurs reconnu "qu'il faut réfléchir à l'avenir de l'OTAN". N'est-il pas plus sage et plus logique de le faire avant le retour complet dans l'OTAN qu'après ?
Les circonstances ont bel et bien changé. Mais cela souligne l'audace visionnaire du général de Gaulle : l'émergence d'un monde multipolaire. Il serait donc complètement contre-productif pour la France, qui a vu juste avant tout le monde, de se renier, notamment face aux pays émergents trop souvent qualifiés d'adversaires par la doctrine américaine du "choc des civilisations". Notre pays verrait sa position internationale diminuée, il se priverait d'une carte maîtresse vis-à-vis du monde comme de ses partenaires européens.
Deuxième argument : il vaut mieux être à l'intérieur qu'en dehors pour peser sur les décisions. Mais le départ de la France de l'OTAN, en 1966, fut motivé par le refus répété des Etats-Unis de partager le pouvoir en son sein. Aujourd'hui, les choses ont-elles vraiment changé ? Exception faite de deux petits commandements secondaires promis par Barack Obama, rien ne permet de le croire, au contraire. Et lorsque Nicolas Sarkozy a décidé d'envoyer des renforts français en Afghanistan, il a voulu faire croire que cela permettrait d'infléchir la stratégie américaine dans ce pays : il n'en est rien et on s'enfonce chaque jour davantage dans un bourbier.
"JEU DE DUPES"
Enfin, ce serait le seul moyen de faire "l'Europe de la défense". Mais à quoi bon, si celle-ci doit être une simple succursale de l'OTAN en Europe, et non un instrument autonome de sécurité au service de sa propre vision du monde ? Et comment convaincre nos voisins, dont l'appartenance à l'OTAN est le prétexte à négliger leur propre effort de défense, de s'investir dans une ambitieuse coopération militaire dès lors que le principal pays moteur, le nôtre, renoncerait à son tour ?
Ainsi, le "jeu de dupes" diplomatique que dénonçait récemment Alain Juppé n'est-il qu'un des aspects de la normalisation atlantiste de notre pays qui, dans les faits, renonce. "La volonté qu'a la France de disposer d'elle-même est incompatible avec une organisation de défense où elle se trouve subordonnée", disait de Gaulle. Appliquez cette phrase, toujours pertinente, à l'actuelle politique présidentielle vis-à-vis de l'OTAN, et vous déduirez que l'acharnement de Nicolas Sarkozy à subordonner notre pays aux Etats-Unis signifie son renoncement à une France ayant la volonté et la capacité à disposer d'elle-même sur la scène internationale.
Preuve indiscutable, le chef de l'Etat aborde ce retour dans l'OTAN après avoir, en 2008, imposé un Livre blanc qui prévoit, en cinq ans, une diminution drastique de notre effort de défense à 1,2 % du PIB (hors pensions et budget de la gendarmerie), soit très loin derrière la Grande-Bretagne et à peine au niveau de l'Allemagne qui, pourtant, assume des obligations opérationnelles bien moindres que les nôtres.
Cessons de tourner autour du pot : le débat n'est pas technique, mais idéologique. En réalité, Nicolas Sarkozy fait partie de cette droite férocement atlantiste, en complet décalage avec le sentiment profond du peuple français auquel Charles de Gaulle avait rendu sa dignité. "Mon pays ce n'est pas la France, c'est la France libre", disait Romain Gary.


Pour moi, c'est clair : la France soumise n'est pas et ne sera jamais la France."

jeudi, mars 05, 2009

Sauvons l'héritage du Général !

Rédigé par un ancien Ambassadeur, président d’asso-ciations, ce texte de lettre à adresser aux parlementaires circule parmi les milieux gaullistes soucieux de garder à la France l'indépendance initiée par le général de Gaulle. Chacun peut l'utiliser et le diffuser sous sa propre responsabilité et participer, ainsi, au vaste mouvement qui se créer autour de ce sujet.
A vos plûmes, citoyens de France !
Alain Kerhervé


Lettre aux parlementaires proposée par le Forum Pour la France


Les 26 chefs d’Etat et de gouvernement des pays signataires du Traité de l’Atlantique Nord fêtent son soixantième anniversaire les 3 et 4 avril 2009 dans deux villes, Strasbourg en France et Kehl en Allemagne, encouragées par leurs gouvernements nationaux respectifs à constituer avec leur arrière-pays un « district européen » sui generis.
Le Président de la République, que nous avons saisi, a indiqué à plusieurs reprises son intention de marquer cette fête par l’annonce solennelle de la réintégration de la France dans la structure militaire de l’Organisation issue du Traité – OTAN - que notre pays avait quittée en 1966 par une décision marquante du Général de Gaulle.
Vous savez que cette annonce rencontre une opposition croissante au Parlement et dans tout le pays. Cet alignement sur les Etats-Unis intervient, du reste bizarrement, alors même que l’hégémonie américaine est partout fortement attaquée et ébranlée.
Les divers mouvements d’opposition à la réintégration ont, certes, pour premier souci de maintenir la souveraineté de la France et sa liberté d’utiliser ses forces armées.
Si certains y mêlent des motifs de politique intérieure, voire d’hostilité croissante à la personne du Président de la République, il ne s'agit en fait que d'une minorité.
C’est cette voix propre que nous ajoutons, sans la fondre, à celles des mouvements qui demandent au Président de ne pas annoncer cette réintégration.
Le Président de la République est en effet le garant du respect de la souveraineté nationale détenue par le peuple, comme de nos institutions et de l’intégrité de notre territoire.
Il est aussi, toujours selon notre Constitution, le seul chef de nos armées. Il ne saurait consentir à leur subordination totale ou partielle à un commandement étranger permanent.
Une question aussi grave, à poser très clairement, devrait être tranchée par le peuple. A défaut, elle doit l’être par ses représentants, après un débat sérieux suivi d’un vote.
Vous avez, comme nous, noté toutes les déclarations orales lénifiantes, de nos dirigeants comme du Secrétaire Général de l’OTAN, selon lesquelles la souveraineté de la France resterait garantie et notre pays garderait la disposition exclusive de sa force de dissuasion nucléaire qui fut l’un des principaux motifs de la décision du Général de Gaulle en 1966.
Pour nous, ces assurances verbales ne sauraient avoir la même valeur que la simple confirmation de la décision capitale prise en 1966, quelles qu’aient été les amodiations y apportées depuis lors. Comment y ajouter davantage foi qu’à tant de promesses solennelles que le peuple français a entendues depuis bien longtemps, notamment ces dernières années?
Cependant, même si une garantie réelle pouvait nous être donnée du maintien de la force de dissuasion, nous ne pouvons que condamner l’annonce solennelle de la réintégration.
Nous y voyons en effet une grave faute sur les plans politique, diplomatique, militaire, industriel, et culturel :

Faute politique à l’intérieur : vous êtes bien placé(e) pour sentir que le peuple y est largement hostile, d’instinct.
Politique à l’extérieur : la France, aux yeux du monde, n’est pas un simple espace géographique indifférencié aux frontières en pointillés, ni une boutique d’épiciers, ni une enseigne commerciale ou une compagnie d’assurances, sociales et autres. Elle est une puissance mondiale par ses territoires, sa force de dissuasion, son histoire, sa langue et sa culture, par la Francophonie aussi, et surtout par sa voix originale, écoutée, souvent attendue, qui parle pour l’Homme et l’humanisme, contre les robots et contre les empires.
La France est une voix et une politique étrangère originales. Sa soumission à l’empire américain et anglo-saxon qui tient l’OTAN laisserait un grand vide et serait une immense forfaiture.
La réintégration serait dangereuse, car les intérêts dominants des maîtres d’une OTAN passée d’une alliance défensive qui n’a plus de raison d’être à une alliance offensive, voire agressive, sont très loin de se confondre avec les nôtres.
Nous le voyons bien dans la destruction de la Yougoslavie, le bombardement de la Serbie traditionnellement amie de la France, le viol du droit international et des résolutions de l’ONU pour favoriser puis reconnaître l’indépendance du Kossovo, l’intervention en Irak, l’enlisement dans le nouveau Vietnam qu’est l’Afghanistan au nom d’un combat douteux contre le terrorisme qui n’est ni le bon, ni le nôtre, et où meurent pourtant nos soldats en « supplétifs » ou valets d’armes.
Nous le pressentons aussi dans l’affaire d’Iran et dans les diverses formes d’encerclement par l’empire otanien tant de la Chine que de la Russie, avec lesquelles la France et l’Europe ont pourtant tout intérêt à entretenir les meilleures relations possibles.
Le Secrétaire Général de l’OTAN ne vient-il pas de déclarer publiquement : « personne n’a de droit de veto sur l’élargissement de l’OTAN » ?
La réintégration risquerait d’entraîner encore plus la France dans des conflits qu’elle n’aurait pas voulus, contraires à ses amitiés traditionnelles et à ses intérêts fondamentaux.

Faute diplomatique découlant de la précédente. Notre diplomatie mondiale, servie par un réseau et un personnel d’ambassades, d’institutions culturelles, de soins, de recherche, etc. d’une dimension exceptionnelle, s’en trouverait réduite, rétrécie, abaissée. Quelle autonomie diplomatique nous resterait-il si les décisions affectant l’un de ses moyens importants : la force armée, nous échappait ?

Faute sur le plan militaire : comment pourrions-nous envoyer nos forces, réduites par ailleurs, soustraites à notre libre disposition, aux déplacements soumis à autorisation étrangère, dans nos territoires outre-mer et dans les 11 millions de km2 de notre espace maritime pour les défendre, ou en Afrique, ou ailleurs, pour soutenir nos intérêts propres auxquels bien des membres de l’Alliance sont totalement étrangers, voire hostiles ?
Le Président de la République espère promouvoir de l’intérieur même de l’OTAN une « défense européenne » - illusoire si elle n’est pas n’est pas d’abord nationale - sans avoir, pour autant, obtenu de véritable participation aux décisions de planification de la stratégie et des armements, et surtout d’intervention sur le terrain.
Or, nos partenaires, presque tous satisfaits de leur couverture par les Etats-Unis, ne veulent pas d’une « défense européenne » autonome, distincte de l’OTAN, car ils n’ont simplement pas les mêmes intérêts à défendre, tant au sein qu’en dehors de l’Union européenne, qui ne pourra former un peuple, une nation, un Etat, avant bien longtemps.
L’imposition de l’OTAN n’était-elle pas dans le projet de cette « Constitution européenne » qui fut rejetée en mai 2005, mais qui se retrouve dans le Traité de Lisbonne dont la ratification est actuellement forcée, notamment par l’Allemagne ?

Faute sur les plans industriel et social, car - trop d’exemples antérieurs le montrent - l’interopérabilité des forces de l’OTAN et l’harmonisation corrélative des armes aboutissent à favoriser outrageusement l’industrie militaire américaine, à asphyxier les beaux restes de la nôtre, et à faire disparaître chez nous les compétences si précieuses et les centaines de milliers d’emplois correspondants.

Faute sur le plan culturel, non seulement parce que l’OTAN n’utilise que l’anglo-américain et l’impose à tous les membres, mais parce que la pensée stratégique, les concepts mêmes et les inventions correspondantes, coulés dans le seul moule anglo-américain, stérilisent les autres pensées et inventions originales, dont la France, pour sa part, fut et reste riche.

(Madame) Monsieur le (la) Député(e) (ou Sénateur-trice), nous pensons qu’il est de votre devoir de vous opposer à la réintégration annoncée, et d’épargner ainsi à la France cet enterrement de ce qu’il lui reste de souveraineté.
Si même le souci de nos propres intérêts ne devait pas être primordial, et si l’intérêt des Etats-Unis d’Amérique et d’un illusoire « Occident » l’emportaient à vos yeux, vous pourriez vous rappeler les exemples des crises de Cuba en 1962, puis des euromissiles sous le Président François Mitterrand : la France n’est jamais plus utile à l’allié américain que lorsqu’elle a les mains libres.

Nous vous prions d’agréer l’expression de notre haute considération, et de l’espoir, que nous plaçons en vous, d’un sursaut salutaire de la France.

mercredi, mars 04, 2009

Elections européennes, les socialistes nomment ses têtes de listes. Le PS du Val de Marne est amer!

La part belle aux trotskistes et aux favorables à la constitution européenne.


Nord-ouest.

Tête de liste: Gilles Pargneaux.

Vote au referendum sur la constitution européenne: oui

Maire d'Hellemmes, Nord.


Ile-de-France

Tête de liste: Harlem Désir, député sortant

Vote au referendum sur la constitution européenne: oui

Député sortant, Harlem Désir a accédé à la notoriété en 1984, lorsqu'il crée Sos-Racisme avec Julien Dray - trotskiste comme lui à l'époque.


Nord-est

Tête de liste: Catherine Trautmann, députée sortante.

Vote au referendum sur la constitution européenne: oui


Sud-Ouest

Tête de liste: Kader Arif, député sortant.

Vote au referendum sur la constitution européenne: oui

Député européen depuis 2004, jospiniste historique (Jospin ancien trotskyste).


Sud-Est

Tête de liste: Vincent Peillon, député sortant.

Vote au referendum sur la constitution européenne: non

Député européen depuis 2004.


Centre:

Tête de liste: Henri Weber, député sortant.

Vote au referendum sur la constitution européenne: oui

Elu au parlement européen en 2004 -Ancien trotskyste, il est un des cofondateurs de la Ligue communiste révolutionnaireavec Krivine.


OUEST

Bernadette Vergnaud ?


DOM-TOM

Ericka Bareitgs?


Harlem Désir, Benoît Hamon et Vincent Peillon, tous trois eurodéputés sortants, seront les porte-parole de la campagne européenne du PS.

lundi, mars 02, 2009

Ne laissons pas mourir notre agriculture.

En quelques années, le prix du bœuf a augmenté de 50% sur nos étals alors que dans le même temps, le prix payé à l’éleveur a baissé de 15% !
A lui seul, cet exemple symbolise le danger qui menace notre monde rural, négligé depuis 25 ans par les partis de gouvernement, de droite comme de gauche, et livré à lui-même dans la dérégulation eurolibérale.
Nos terroirs souffrent en effet à la fois :
de la réforme des Traités européens (le Traité de Lisbonne abolit la possibilité de veto des Etats membres dans les accords commerciaux signés à l’OMC) ; de contraintes extérieures (démantèlement de la Politique Agricole Commune) qui dévitalisent le tissu agricole ; du recul de la quantité de terres valorisées ; de pressions spéculatives sur le foncier et le bâti ; d’une absence de cap clair dans les politiques publiques.
A ces menaces, il est urgent de répondre par une politique globale d’équilibre des territoires, de relance et de modernisation de l’agriculture, et de réorientation radicale des échanges internationaux.
Les premières mesures concrètes à mettre en œuvre :
Le rééquilibrage entre producteurs et distributeurs, en mettant fin à la domination scandaleuse des centrales d’achat sur l’agriculture française ; L’instauration d’une exception agricole à l’OMC (sur le modèle de l’exception culturelle) pour permettre l’autosuffisance alimentaire sur chaque continent ; La reconstruction de la PAC ; La révision des accords avec les Etats-Unis, qui interdisent à l’Europe l’autosuffisance pour certaines productions agricoles. Le renforcement des aides à l’installation des jeunes agriculteurs.


Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Président de Debout la République