lundi, novembre 09, 2009

NDA : « L’identité nationale n’est pas un slogan »

Tribune de N. Dupont-Aignan parue dans Le Monde du 5 novembre 2009

L’identité nationale est à la mode ! Cruel paradoxe de voir ceux qui ont toujours moqué « l’exception française » soudain s’en emparer pour masquer l’échec de leur politique qui, de fait, la remet en cause. Car l’identité nationale n’est pas un objet qu’il faudrait, à intervalles réguliers, vénérer pour faire oublier la dureté des temps ; pire, en faire un sujet de discorde pour rassembler le camp des soi-disant « bons Français » contre celui des « mauvais ». L’identité nationale doit être une dynamique de rassemblement, sous-tendue par des valeurs, une histoire partagée, des institutions, un projet de société.
Car, oui, ce plébiscite de tous les jours, cher à Renan, ne tombe pas du ciel. Il doit être ardemment désiré et méticuleusement bâti par les élus du peuple. Ce vouloir-vivre ensemble a un nom : la République. Il a un idéal : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Il a un acteur central, l’Etat, creuset de la nation à travers les âges et le gardien de l’intérêt général, contre l’emprise des féodalités et des intérêts particuliers. Enfin, ce vouloir-vivre ensemble a une langue, le français.
Cette République française est exigeante. Elle suppose d’être incarnée par ses élites, avec un devoir d’exemplarité que les anciens appelaient la vertu – mais comment le pourraient-elles aujourd’hui tant elles font honte ? Elle doit, en outre, apporter l’ordre et le progrès. Or, de nos jours, l’anarchie économique s’accompagne de la régression sociale et du désordre dans la rue.
Il ne sert à rien d’organiser des débats dans les préfectures sur l’identité nationale si la souveraineté populaire est transférée à Bruxelles ; si l’on réduit les effectifs de police et que l’Etat régalien n’a plus les moyens de jouer son rôle ; si l’école n’incarne plus un espoir de promotion sociale ; si on laisse se développer ghettos et communautarismes contraires à une citoyenneté française laïcisée ; si les responsables politiques, économiques et scientifiques laissent tomber le français ; si la fiscalité tond les classes moyennes et épargne les plus riches ; si, enfin, les services publics sont privatisés.
En définitive, la République est exigeante, car elle suppose avant tout le respect du peuple. Un peuple qui n’est pas dupe de la démagogie et de l’impuissance publiques qui sont les deux faces d’une même médaille : celle du renoncement au modèle français. Alors, oui, l’identité nationale retrouvera sa dynamique quand la politique redonnera un sens au fait d’être français.

mardi, novembre 03, 2009

Union européenne : les perspectives d’élargissement

La Commission européenne a adopté le 14 octobre 2009 son document annuel sur les perspectives d’élargissement de l’Union. Intitulé "Stratégie d’élargissement de l’Union et principaux défis 2009-2010", ce rapport concerne la Turquie et les Balkans occidentaux (Croatie, ancienne République yougoslave de Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie et Kosovo).
L’Islande n’a déposé sa candidature qu’au mois de juillet et n’est pas intégrée au rapport.
Trois pays ont le statut de pays candidats

la Croatie, la Turquie et la Macédoine,
les autres n’étant que "candidats potentiels".
Des négociations sont engagées depuis 2005 avec deux d’entre eux : la Croatie et la Turquie.
L’adhésion de la Croatie paraît en bonne voie et est envisagée par la Commission dès 2012.
Pour la Turquie, la Commission note le bon comportement économique du pays malgré le contexte de crise, mais elle exprime ses préoccupations sur les libertés publiques
Libertés publiques: Ensemble des droits fondamentaux individuels ou collectifs reconnus par les textes. (liberté religieuse, droits des femmes, liberté de la presse) et considère une éventuelle adhésion comme encore lointaine.
L’ouverture des négociations avec la Macédoine, qui nécessite l’accord unanime des États membres, est toujours retardée par le refus de la Grèce de voir ce pays utiliser le nom de "Macédoine".
L’adhésion à l’Union européenne est soumise au respect de plusieurs types de critères : des critères politiques (institutions stables, démocratie, État de droit, respect des minorités), des critères économiques (économie de marché viable et capable d’affronter la concurrence à l’intérieur de l’Union), la capacité à assumer les obligations consécutives à l’adhésion.